Vygon : Une Formule 1 du secteur

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ETI familiale dans un secteur très concurrentiel, Vygon est établie à Ecouen (95) depuis 1962 et rayonne dans le monde entier tout en préservant une fabrication de ses produits à 90 % en interne mais une croissance externe décomplexée et une R&D toujours plus haute.

Oui cela existe, des ETI florissantes qui investissent dans le monde entier ! Quelques chiffres sur Vygon, cette ETI francilienne créée en 1962 à Ecouen (95), qui conçoit, produit et commercialise des dispositifs médicaux stériles de haute technologie à usage unique.
CA 2016 de 316 millions d’€ (généré à 81 % à l’international), 27 filiales, 331 distributeurs, cinq usines en France (dont une à Ecouen), une usine en Belgique, en Allemagne, au Portugal, aux États-Unis, en Colombie et à l’île Maurice, pour une fabrication à 90 % en interne.
Les produits Vygon couvrent tout le spectre médical : la pédiatrie et la néonatalogie, la réanimation, l’anesthésie, la prise en charge de la douleur postopératoire, la circulation vasculaire, en particulier en oncologie (cathéters et accessoires, chambres implantables à long terme …), la chirurgie (drainage et aspiration, champs opératoires, implants cardiovasculaires, trousses composites, instruments métalliques), la nutrition entérale et aussi, hors milieu hospitalier, les équipements d’urgence (pompiers, Samu …) ou de soins à domicile. Stéphane Regnault, président du directoire, précise : « Vygon s’est imposée mondialement dans la néonatalogie et l’obstétrique, domaines d’excellence où, malgré leur petite taille, les produits doivent être irréprochables ».
Vygon compte 2 327 employés dans le monde et est présente dans plus de 120 pays, sur les cinq continents. Avec des investissements de 10 millions d’€ par an, une croissance annuelle de 3 à 7 % depuis 17 ans, 183 brevets déposés, Vygon recrute (140 personnes en 2016, dont 68 % de femmes), a un très faible turn-over… et fabrique 200 millions de produits chaque année.

La trajectoire de Stéphane Regnault

stephane regnaultStéphane Regnault, président du directoire

Stéphane Regnault, 55 ans, est ingénieur agronome, (ENSIA), puis obtient un MBA à HEC. Il débute chez Unilever (1986 à 1993), puis McCain Food (1993 à 1999), où il travaille au marketing, devient DG de la filiale française, puis vice président marketing et R&D chargé de l’Europe, l’Amérique du Sud et le Moyen-Orient.
Il entre en 2000 chez Vygon, créée en 1962 par Pierre Simonet, le grand-père de sa femme. Pierre Simonet, d’origine belge, immigré en France pendant la guerre, monte la première banque du sang, puis découvre en 1960, aux États-Unis, les débuts du matériel hospitalier « à usage unique » qui limite considérablement les risques d’infections et augmente la sécurité des patients et du personnel, en plus de la simplicité d’utilisation et de la suppression de stérilisations successives. Au décès de Pierre Simonet, en 1986, son gendre, Bertrand Cuny lui succède. Puis c’est en 2000 que Stéphane Regnault devient président du directoire. Sa femme, Laurence, l’a rejoint en 2013, pour prendre en charge la construction ou rénovation des usines et des locaux à Écouen.

Et que fabrique Vygon ?
« Vygon conçoit, produit et commercialise donc des dispositifs médicaux stériles de haute technologie à usage unique : seringues, dispositifs de perfusion, cathéters … autant de pièces peu chères, produites en très grandes quantités, mais qui ne supportent aucun défaut dans la conception et la fabrication, le maître mot de Vygon étant la sécurité optimale, des malades comme du personnel soignant, dans le respect des normes environnementales » explique Stéphane Regnault.
Un marché encombré par des géants et 90 % de PME et d’ETI. « Pour se faire une place, et la conserver, dit Stéphane Regnault, il faut de la constance, un engagement sur le long terme qui rassure clients et collaborateurs et un actionnariat stable privilégiant la qualité et l’innovation à la rentabilité immédiate, ce qu’autorise un actionnariat familial ».
« La R&D, préoccupation constante, représente un investissement de 5 % de notre chiffre d’affaires. Vygon doit en permanence innover, d’où des équipes de R&D imaginatives et réactives, proches des clients et du terrain (collaborations avec de nombreux centres hospitaliers, dont l’Institut Curie, échanges avec la Société Française de Néonatalogie, des Infirmiers en Soins Intensifs ».
Et demain…
En 2012, Vygon a ciblé de doubler son CA en 2022, grâce à de nouveaux marchés, des opérations de croissance externe et le lancement d’un produit à fort potentiel tous les 3 ans. Stéphane Regnault cite le Sternum Guard (champ pour la chirurgie cardiaque), ou Qimono, (gamme de connecteurs haute sécurité) pour la chimiothérapie, sans seringue, pour la manipulation des produits agressifs.
Vygon, qui investit 40 millions d’euros sur cinq ans, vient d’ouvrir (2016) sa onzième usine, au Portugal (7,1 millions d’euros, 25 000 m2, 120 emplois à l’horizon 2021), qui produit une nouvelle gamme de matériels pour l’oncologie.
Membre du METI et du Club ETI Île-de- France, Stéphane Regnault souhaite alerter en priorité sur « Une fiscalité défavorable aux ETI, si on la compare à celle des grands groupes, et la complexité de la transmission des entreprises ».

vygon

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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