Staci taille son chemin

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Après s’être fait un nom dans la logistique promotionnelle B to B, STACI déploie ses compétences de logisticien sur de nouveaux marchés. Entre acquisitions, diversification et internationalisation, l’entreprise de SaintOuen-l’Aumône a bien grandi ces dernières années.

staci2Après s’être fait un nom dans la logistique promotionnelle B to B, STACI déploie ses compétences de logisticien sur de nouveaux marchés. Entre acquisitions, diversification et internationalisation, l’entreprise de SaintOuen-l’Aumône a bien grandi ces dernières années.

STACI, c’est d’abord une histoire d’opportunités  et d’esprit d’entreprise. En effet, quand JeanPierre Masse crée, en 1989, la Société de Transaction Agricole, Commerciale et Industrielle,  rien de ce qui va suivre n’est écrit. Après avoir un  peu cherché sa voie, STACI finit par s’occuper de  la gestion logistique des objets publicitaires de  Motul et Allianz. Si ce marché de niche est encore  embryonnaire, la demande est forte du côté des  pétroliers et des constructeurs automobiles, qui  souhaitent externaliser une partie de leur logistique à destination de leurs réseaux. L’aventure  peut commencer et STACI se fixer à Saint-Ouenl’Aumône, où la société construit son premier  entrepôt de 6 000 m² .
Deux décennies plus tard, le groupe STACI se  répartit sur 17 sites et 220 000 m²  d’entrepôts.  Saint-Ouen-l’Aumône restant, avec ses 6 bâtiments et ses 54 000 m² , le cœur stratégique de l’entreprise, les autres localisations correspondent  soit à des opérations de croissance externe, soit  à des rapprochements géographiques avec des  clients tels Ricard (Miramas), MMA (Le Mans)  ou la MAAF (Niort). « STACI a en effet bénéficié  de l’externalisation de la logistique des sociétés  du CAC 40 », raconte son président, Thomas Mortier, qui a pris le relais de Jean-Pierre Masse  il y a peu, pour expliquer cette croissance exponentielle. « Dans un marché au départ atomisé,  où beaucoup de choses se faisaient manuellement,  nous avons aussi rapidement opté pour l’informatisation et énormément investi – et continuons de  le faire à hauteur de 500 000 € chaque année  dans notre outil informatique, poursuit-il. Cela nous a permis de dépersonnaliser les process et  de mutualiser nos ressources (entrepôts, camions  et équipes), mais aussi de gérer des commandes  multi-références, ce qui constitue notre valeur  ajoutée dans la chaîne logistique de nos clients. »
L’agroalimentaire, les  banques mais aussi l’Occitane
Forte de son avantage concurrentiel et portée par  Astorg Parners, société de capital-investissement  qui devient l’actionnaire majoritaire de STACI  en 2005, l’ETI valdoisienne rachète plusieurs de  ses concurrents (le rachat de l’activité logistique  de Tessi Marketing Services, effective depuis le 1er  novembre, étant le dernier en date) et élargit son  champ d’action ces dernières années. Se posant  peu à peu comme un logisticien de détail (les  produits marketing et la documentation technique et commerciale représentent encore 70 % de son activité), la plate-forme de regroupement  et de routage gère désormais produits cosmétiques  (pour L’Occitane et Roger&Gallet), produits  alimentaires (via sa filiale STACI Food) ou encore  produits code barrés (via Publidispatch qui,  notamment, assemble et gère la logistique B to C  des Freebox).
Via un contrat avec la toute jeune Atlantiq, société  de portage financier des stocks créée par JeanPierre Masse, STACI propose aussi maintenant à  ses clients des solutions de financement des flux de  sa supply chain. Estimant « que notre métier va vers  la propriété des stocks », Thomas Mortier évalue  ainsi à un milliard d’euros « les flux de produits  qui passent dans nos entrepôts chaque année. » La croissance de STACI est également passée par  l’international, dont les marchés sont en pleine  expansion. Outre STACI Belgium (20 000 m²  d’entrepôts) et STACI Italia (15 000 m²), le  groupe a noué des partenariats en Allemagne,  Angleterre, Espagne, Portugal, Pologne et veut  désormais mettre un pied en Russie. « Dans notre  métier, la France a une vraie longueur d’avance et STACI entend bien exporter son savoir-faire »,  analyse Thomas Mortier.
Avec 800 salariés en CDI et un volant quasi-permanent de 200 intérimaires, le groupe STACI  affiche, pour ses activités logistiques seules, un CA  compris entre 130 et 140 millions d’euros lors des  quatre derniers exercices, procédant, en période de  crise, « à une baisse de marge, compensée, de l’ordre  de 5 à 10 %. » A l’image de son jeune président de  43 ans, entré chez STACI il y a dix-sept ans et passé  par toutes les fonctions commerciales, la société  familiale valorise « la promotion interne » et met  en avant « la forte stabilité de [ses]collaborateurs.»  Son président dit cependant « attendre énormé- ment de l’assouplissement du marché du travail  en France, toujours trop marqué par le manque de  mobilité des salariés. »
■ Paul Marie Guyon

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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