Minority Report à Cergy…

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L’Université de Cergy-Pontoise s’intéresse de plus en plus aux sciences forensiques (prédictives) en matière de sécurité et propose en partenariat avec le Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale installé à Pontoise des formations très pointues dans le domaine.forensiques

Depuis son installation à Cergy-Pontoise en 2015¹, le PJGN (Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale) multiplie les projets avec l’UCP (Université de Cergy-Pontoise) : programmes de recherche en biologie, électronique, linguistique ou traitement des images, à travers des doctorats, des projets ANRS et des thèses en VAE. Et ce partenariat s’étend à la formation continue des gendarmes et des experts judiciaires.

La première promotion sera accueillie en janvier dans le cadre du DU (diplôme universitaire) « Analyse de documents ». Le PJGN s’est naturellement rapproché de l’UCP et de ses experts en linguistique, en intelligence artificielle et en juridique, pour développer cette formation. Ce diplôme formera les techniciens gendarmes de la fraude documentaire, et aussi les spécialistes de la comparaison d’écritures et de la détection de faux documents d’autres administrations et du monde de l’entreprise, avec des ouvertures, à terme, sur l’analyse du renseignement.

« Nous avons construit cette formation avec les gendarmes en impliquant des enseignants de plusieurs composantes de l’université (linguistiques, informaticiens, juristes, etc.) », souligne Bruno Fiorio, vice-président adjoint aux développements des formations permanentes.

Le cursus se déroulera en cinq sessions de cinq jours, de janvier à juin 2019, dans les locaux du PJGN à Pontoise. Il sera suivi par des gendarmes, des experts judiciaires, des avocats, des experts en assurance, des graphologues, des banquiers ou des commissaires-priseurs.

Une école dédiée aux sciences forensiques² et de la sécurité
Un deuxième Diplôme Universitaire, baptisé CoCrim, devrait voir le jour au premier semestre 2019. Il formera des coordinateurs des opérations de criminalistique. Ouverte dans un premier temps aux gendarmes, cette formation répond aussi aux besoins de professionnalisation dans le secteur des sciences forensiques.

Ce terme « sciences forensiques » reste encore peu connu mais est pourtant bien visibles dans des séries télévisées comme Bones ou Les Experts qui les mettent en scène dans leurs enquêtes judiciaires. Au-delà de leur caractère spectaculaire, ces sciences forensiques sont devenues déterminantes dans les enquêtes criminelles, financières et administratives.

La gendarmerie, la police, la justice, les banques ou les compagnies d’assurance ont besoin d’experts en sciences forensiques. Or elles sont peu enseignées dans les universités françaises. Un vide que l’UCP comble en prenant appui sur les acteurs socio-économiques du territoire : le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, des entreprises (SAGEM-SAFRAN, ATOS, IDEMIA³ etc.) et des institutions académiques (Observatoire de socio-politique de l’IEP, laboratoires en économique et gestion et en droit de l’UCP, laboratoires de sciences expérimentales de l’Université Paris Seine), avec lesquels il devient possible de développer des programmes de recherche et de formation dans la sécurité et le forensique.

« Le développement de formations dispensées par une école dédiée portée par l’UCP et le PJGN est imaginable, avec le concours de l’École des Sciences Criminelles de Lausanne et de l’Université du Québec à Trois Rivières », explique Olivier Romain, vice-président en charge de la valorisation et responsable de la dynamique R2S – Risque, Société et Sécurité de l’Initiative d’Excellence (PIA2 ISITE).

Le développement d’une formation continue est envisagé et des formations initiales pourraient être mises en place dans les prochaines années à Cergy-Pontoise.

Alain Mayor

www.u-cergy.fr

1- Cf. le reportage dans La lettre de l’Entreprise n° 31 sur : lalettredelentreprise.com
2-
Les sciences forensiques regroupent les différentes méthodes d’analyse des traces fondées sur les sciences (chimie, physique, biologie, médecine, informatique, imagerie, statistiques) utiles au travail d’investigation. Elles englobent les méthodes de police scientifique, de finance forensique, d’informatique forensique, de médecine légale, d’intelligence stratégique et de renseignement. Il existe peu de formations en France, l’école la plus prestigieuse en Europe est l’Ecole des Sciences Criminelles de Lausanne – ESC, UNIL.

3- Le spécialiste français dans la sécurité numérique, Idemia, né en 2017 du rachat de Morpho par Oberthur Technologies à Safran, installera d’ici la fin 2019 son nouveau siège dans le quartier d’affaires.

 

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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