L’ESSEC jette l’ancre à Singapour

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La grande école de Cergy vient d’inaugurer un
campus dans la cité-Etat, qui concrétise sa stratégie d’internationalisation vers l’Asie-Pacifique.

Inauguration d'ESSEC Singapour

Inauguration d’ESSEC Singapour

À l’instar de l’INSEAD, mondialement connu pour son MBA qui y a élu domicile dès l’an 2000, l’ESSEC a donc choisi Singapour pour s’arrimer au continent asiatique. Il faut dire que le climat économique de l’île a de quoi séduire ceux qui entendent former les managers d’aujourd’hui et de demain. 50 ans après son indépendance, l’ancienne colonie britannique, dépourvue de ressources naturelles, est en effet devenue, grâce à l’action d’un État stratège et à un positionnement géographique très enviable, une plaque tournante de la mondialisation (4place financière mondiale1, 2e port de commerce mondial2).

Installée depuis 2005 dans le micro-État, l’ESSEC dispose depuis le printemps 2015 de son propre campus de 6 500 m², pouvant accueillir jusqu’à 1 500 étudiants (et managers), dans le quartier de Nepal Hill, où se côtoient de nombreux laboratoires de recherche et institutions académiques. « Depuis longtemps déjà, –l’ESSEC est présente au Japon depuis les années 1980– nous considérons l’Asie comme une région prioritaire dans nos relations internationales, explique Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’ESSEC. Singapour présente l’avantage d’être un hub pour toute l’Asie et d’avoir su créer de grands clusters autour de thématiques importantes pour l’ESSEC comme l’entrepreneuriat, la santé ou le digital.

Nous sommes certes plus éloignés du marché chinois que si nous étions à Hong Kong ou à Shanghai, mais la proximité de pays émergents comme l’Indonésie, le Viêt-Nam, la Malaisie, les Philippines ou même l’Inde, qui vont avoir de considérables besoins en formation dans le futur, est synonyme d’opportunités.

Avec ce nouveau campus, dont nous sommes propriétaires, nous changeons de dimension, poursuit le directeur de l’ESSEC. Nous souhaitons accueillir de plus en plus d’étudiants asiatiques qui, demain, seront en majorité sur le campus.»

3e mondial selon FT

Troisième mondial pour son diplôme grande école (master en management) selon le classement 2015 du Financial Times, l’ESSEC peut aussi compter sur sa politique d’alliance avec de nombreux acteurs académiques de la région (Chine, Corée, Inde, Japon, Pakistan, Singapour, Taiwan et Thaïlande) pour attirer les meilleurs étudiants du continent malgré un environnement académique très concurrentiel.

Cette internationalisation ne signifie pas pour autant la dilution de l’identité de l’ESSEC. Comme celui de Cergy-Pontoise, le corps professoral de Singapour, quinze professeurs permanents de huit nationalités différentes, s’appuie sur « une pédagogie particulière, très française, qui insiste sur le learning by doing [l’apprentissage par la pratique] qui est la marque de fabrique de l’école » indique Martine Bronner, doyen du campus Asie-Pacifique. « Plus largement, nous souhaitons encourager nos étudiants, qu’ils soient Français ou Asiatiques, à vivre une expérience bi-campus à Cergy-Pontoise et à Singapour » poursuit-elle.

C’est le cas de Tristan de Saint-Seine, 23 ans, qui, admis sur titre au master grande école, a choisi de débuter sa scolarité à l’ESSEC au campus Asie-
Pacifique, où il vient d’étudier une année pleine. « C’est une expérience très enrichissante, qui permet de prendre beaucoup de recul sur la situation en France et en Europe, explique ce dernier. Ici, on a envie d’être performant, d’aller de l’avant et de prendre chaque problème à bras-le corps. »

A Singapour, l’ESSEC peut également compter sur un réseau d’environ 300 diplômés, aujourd’hui installés dans la cité-État. « On les retrouve en majorité dans la finance, l’aéronautique, l’industrie de la santé, la logistique ou le conseil, explique Martine Bronner. Certains ont choisi d’y créer leur entreprise : si l’environnement économique est très concurrentiel, il est aussi très favorable à l’entreprenariat. Plus généralement, il y a une véritable confiance en l’avenir. C’est spectaculaire cette année, où la célébration des 50 ans de l’indépendance du pays a stimulé un sentiment de fierté nationale et soutenu le moral des milieux d’affaires. »

L’ESSEC à Singapour est aussi un levier pour des entreprises valdoisiennes intéressées par l’Asie du Sud-Est. « On veut jouer le jeu de notre territoire, c’est-à-dire du Val d’Oise, confirme à ce propos Jean-Michel Blanquer. Outre nos programmes de formation continue, nous pouvons être une interface dans la conquête de ces territoires. »


1- Selon le Global Financial Centres Index publié par le cabinet Z/Yen en septembre 2015.
2- Selon le classement 2014 établi par The Journal of Commerce.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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