La peur du futur

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Au cœur de tous les projets

De l’enquête internationale Dell-EMC (novembre 2016) sur les incertitudes des entreprises françaises à l’ère du digital, on retiendra certes la peur du changement pour 81 % des dirigeants, mais aussi que 41 % se jugent aptes à anticiper de nouvelles opportunités. Rien n’est perdu… En marche pour la transformation !

Les entreprises françaises ont du chemin à faire. Si l’on en croit les résultats ci-dessous de l’étude1 Dell-EMC, les entrepreneurs français sont 80 % à faire grise mine de voir leur business laminé par l’économie digitale et par les start-up dans les telecoms, l’assurance ou l’automobile… (cf. infographie). Bien qu’avisés, peu d’entre eux s’associent avec une start-up. Ils préfèrent investir dans des projets d’analytique, Big Data et traitement des données et dans leurs capacités de développement logiciel. Espérons que leurs clients les attendront !

4 000 chefs d’entreprise ont été interrogés dans 16 pays et 12 industries afin d’évaluer leur engouement face à la quatrième Révolution Industrielle.

Les résultats permettent de mesurer le niveau de maturité des entreprises face à la transformation digitale et mettent en lumière les différences de perception notamment sur les investissements, la crainte de l’avenir, la concurrence… Il est étonnant de découvrir les secteurs les plus concernés et les craintes et espoirs que ressentent les entrepreneurs face à cette révolution digitale.

81 % des dirigeants français craignent les start-ups digitales et seuls 37 % s’associent à elles pour adopter un modèle d’innovation ouvert

Peur du changement en France

         43 % des entreprises (48 % dans le monde) ignorent à quoi leur industrie ressemblera dans 3 ans ;

         48 % des dirigeants concèdent que leur entreprise pourrait devenir obsolète d’ici 3 à 5 ans, contre 43 % en Allemagne et 32 % au Royaume-Uni ;

         81 % considèrent les start-ups digitales comme une menace, contre 75 % en Allemagne, 74 % aux Pays-Bas, 68 % aux Etats-Unis et 65 % au Royaume-Uni ;

         71 % reconnaissent que la transformation digitale pourrait être plus étendue dans leur entreprise ;

         Nos dirigeants sont 41 % à juger positive leur capacité à identifier de nouvelles opportunités (contre 32 % en moyenne) ; 20 % à proposer une expérience unique et personnalisée (contre 26 % en moyenne) ; et 24 % à agir de façon transparente et sûre (contre 31 % en moyenne).

CRISE DIGITALE A L’HORIZON ?

Nécessité de faire face au changement

52 % des dirigeants d’entreprise dans le monde admettent que le numérique et l’IoT (cf. encadré) ont bouleversé leur industrie.

Les disparités sont très nettes. Certaines entreprises n’ont pas encore commencé leur transformation digitale, d’autres, qui l’ont initiée ou complétée, sont une minorité alors que la plupart a fait le choix d’une approche fragmentée. 73 % des interrogés, dans le monde, admettent que la transformation digitale pourrait être davantage étendue dans leur organisation.

PROFIL DES DIRIGEANTS DANS LEUR ENGAGEMENT DIGITAL

MONDE

FRANCE

Digital Leaders :

la transformation digitale, quelle que soit sa forme, fait partie intégrante de leur ADN

5 %

2 %

Digital Adopters :

disposent d’un plan digital mature, ont déjà réalisé des investissements et des innovations

14 %

13 %

Digital Evaluators :

réalisent leur transformation digitale avec prudence et par étapes, en planifiant et en investissant pour l’avenir

34 %

40 %

Digital Followers :

peu d’investissements digitaux ; tentent timidement de planifier l’avenir

32 %

31 %

Digital Laggards :

n’ont pas de plan digital, ont réalisé des investissements et des initiatives limitées

15 %

13 %

En France, performances en demi-teinte

Dans une étude de 2015, EMC a interrogé des responsables pour identifier cinq attributs digitaux clés à maîtriser au cours de la décennie à venir : 1/ Innover de façon agile, 2/ Anticiper de nouvelles opportunités 3/ Opérer de façon transparente et sûre 4/ Fournir une expérience unique et personnalisée et 5/ Agir en temps réel et de façon continue.

Concernant leur maturité face à ces attributs en 2016, une majorité des répondants considère que leur entreprise a des progrès à faire sur tous ces points. Seuls 7 % se jugent compétents dans les 5 domaines. Les Français ne font pas exception, révélant des performances en demi-teinte.

Ralenties par le manque d’expertises internes (36 %), l’absence de technologies adaptées (32 %) ou des budgets restreints (31 %), près de 6 entreprises sur 10 en France et dans le monde ne peuvent répondre aux attentes principales de leurs clients, notamment en matière de sécurité ou d’accès rapide aux services et informations 24/7. 65 % reconnaissent ne pas pouvoir réagir à l’information en temps réel.

RDV EN 2020 ?

En matière de confiance et de transparence, les Français ne sont que 24 % à considérer que leur entreprise opère de façon transparente, soit le plus mauvais score, à l’exception de la Chine qui enregistre 17 %.

Heureusement, ce sévère bilan est à nuancer.

41 % des répondants estiment que leur entreprise anticipe de nouvelles opportunités, derrière l’Inde (55 %) et le Brésil (50 %) mais loin devant les autres pays interrogés. 31 % considèrent également que leur entreprise innove de façon agile, contre 28 % en moyenne.

Des investissements à venir ?

Pour entrer enfin dans l’ère digitale et faire face à la concurrence des jeunes pousses numériques, les deux tiers des entreprises pensent investir dans leur infrastructure IT et l’acquisition de nouvelles compétences d’ici 3 ans.

Avec la multiplication des projets réussis d’analytique, Big Data et traitement des données en France, il n’est pas étonnant que 39 % des entreprises souhaitent y investir en priorité au cours des 3 prochaines années. Suivent ensuite les applications mobiles de nouvelle génération (38 % en France, contre 44 % en moyenne), les technologies informatiques très hautes performances (31 %, contre 42 % en moyenne) et les technologies IoT (26 %, contre 39 % en moyenne).

Enfin, près de 70 % des entreprises ont la ferme intention d’augmenter leurs capacités de développement logiciel.

Synthèse de Béatrice Monomakhoff

1 étude menée par Vanson Bourne auprès de 4 000 dirigeants et décideurs d’entreprises –depuis les PME jusqu’aux grands groupes– Société d’études de marché indépendante spécialisée dans le secteur des technologies. www.vansonbourne.com

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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