Cybercriminalité et big data

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Le numérique occupe une place toujours plus importante, dans les infractions, mais aussi dans les moyens d’enquête et d’intelligence judiciaire. Le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) a ainsi fait de la lutte contre la cybercriminalité et du traitement des big data deux priorités dans les années à venir.

_dsc4619Résolument pluridisciplinaire, l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), qui constitue le pilier criminalistique (police technique et scientifique et médecine légale) du PJGN, couvre un champ de compétences très large qui va de la balistique à la reconstitution 3D, en passant par les analyses digitales et génétiques. Parmi les sujets qui “montent en puissance” ces dernières années, on trouve, pêle-mêle, l’identification faciale, “l’ADN synthétique” qui permet de marquer les objets, mais aussi l’électronique embarquée dans des véhicules sans cesse plus communicants, le skimming (piratage des terminaux de paiement et des cartes bancaires) ou encore les atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données.
Plus encore que le développement de la criminalistique numérique, le PJGN a décidé « d’accentuer l’effort sur la cybercriminalité » selon le général Hébrard. La récente création du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), appelé à devenir le pilier du PJGN en la matière, témoigne de cette volonté. Veille d’Internet et des réseaux sociaux, traque des pirates informatiques et des cyber-délinquants (dans des affaires aussi variées que les escroqueries, la pédopornographie, l’incitation au terrorisme et à la haine raciale… ), le C3N doit moderniser et coordonner les moyens de la Gendarmerie dans sa lutte contre la cybercriminalité.
Troisième et dernier pilier du PJGN, le Service Central du Renseignement Criminel (SCRC), chargé de centraliser et de valoriser l’information judiciaire de la Gendarmerie, doit lui aussi se projeter plus encore sur le terrain du numérique. « Il s’agit d’abord de mieux détecter et analyser les signaux en provenance du terrain, explique le général Hébrard. Un meilleur traitement de ces big data doit nous permettre de récupérer de l’information utile pour toutes les unités de Gendarmerie. Il s’agit ensuite de construire un modèle de prédiction des modes de délinquance. Le recrutement de criminologues, de statisticiens et de mathématiciens au SCRC va dans ce sens. »

 

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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