L’apprentissage, tremplin des nouveaux métiers

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Mal aimé des parents, des profs et du public qui le considèrent comme le « rebut » de ceux qui « n’iront pas plus loin dans leurs études », l’apprentissage retrouve ses lettres de noblesse, non seulement à travers des métiers médiatisés comme celui de la cuisine, mais aussi grâce à une réforme « en marche » et aux efforts des entreprises pour valoriser les secteurs de l’industrie française. Ceux qui ont besoin de main-d’œuvre tels l’aéronautique, la mécatronique, la robotique… et ceux, novateurs, de l’écologie et du numérique. Un Lieu d’Information et d’Orientation (LIO) dédié à l’apprentissage vient d’ouvrir ses portes au Parc de Saint-Ouen-l’Aumône.

La loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » a bouleversé le paysage de l’apprentissage. Estimant que les procédures nuisaient au développement de cette forme d’enseignement qui mêle cours généraux et pratique en entreprise, le ministère du Travail a aboli l’autorisation administrative des régions, jusqu’alors nécessaire à toute ouverture de centre de formation d’apprentis, les CFA¹. Une simple déclaration suffit désormais. Le circuit de la taxe d’apprentissage, très complexe, a laissé place à un paiement forfaitaire pour chaque contrat, à la main des branches professionnelles.

En théorie, n’importe qui peut donc se lancer dans l’apprentissage : organisme de formation, collectivités locales, entreprises … En octobre 2019, Le ministère du Travail comptabilisait 550 demandes déposées. Toutes n’aboutiront pas mais cela représente la moitié du nombre de centres d’apprentissage en service. Pour exemple, Les Echos du 7-10-2019 relatent l’avancée de cette réforme à travers : « l’inauguration des deux premiers centres de formation d’apprentis (CFA) d’entreprise, au centre d’entraînement du club de football de Montpellier, le MHSC. Le premier, dédié au métier d’éducateur sportif, est rattaché au club. Le second, consacré aux services à l’environnement, pourvoira le groupe Nicollin, son fondateur et propriétaire, en futurs cadres intermédiaires. »

Plus 5 % d’apprentis dans le 95

L’objectif de la réforme, outre la revalorisation et le développement de l’apprentissage, est aussi de favoriser l’adéquation de l’offre à la demande. Trouver un employeur est la première difficulté pour un apprenti qui envisage de se former par cette voie professionnelle, indépendamment du niveau de formation.

Entré en vigueur le 1er janvier 2019, le plan de mobilisation départemental pour l’apprentissage obtient déjà des résultats encourageants. 9 993 valdoisiens en apprentissage à la rentrée 2019, cela représente une augmentation de 5 % du nombre d’apprentis dans le département pour la deuxième année consécutive. Mais cela ne suffit pas.

La DIRECCTE et la Préfecture du Val-d’Oise expérimentent un rapprochement de l’offre et de la demande d’apprentissage, en créant des lieux d’échange des partenaires dans des parcs d’entreprises. L’objectif de ce nouveau projet situé au cœur d’un parc d’activités économiques, est de proposer une offre de services de proximité dédiée à l’apprentissage plus adaptée aux attentes des entreprises.

Le premier « Lieu d’Information et d’Orientation dédié à l’apprentissage » (LIO) en lien avec son réseau et d’autres réseaux d’entreprises du département vient d’ouvrir au 19 avenue de l’Eguillette – 95310 Saint-Ouen-l’Aumône, siège du Parc de Saint-Ouen-l’Aumône qui accueille pas loin de 500 PME. Sébastien Jallet, préfet délégué pour l’égalité des chances dans le Val d’Oise (95), y a accueilli, le 6 décembre 2019, tous les partenaires Valdoisiens (des chefs d’entreprises – hélas peu nombreux ce jour-là –, au Pôle Emploi, en passant par la mission locale pour l’emploi, l’APEC et tous les acteurs de la formation et représentants administratifs) afin de leur présenter les objectifs et le fonctionnement de ce LIO expérimental.

apprentis


Les bonnes intentions…

Les objectifs généraux assignés sont :

  • Favoriser la signature de contrats d’apprentissage ;
  • Proposer une offre de services de proximité adaptée aux attentes des entreprises en matière d’apprentissage ;
  • Accompagner les entreprises dans leur démarche notamment dans le cadre du dispositif « La France une chance, les entreprises du Val d’Oise s’engagent ».

Avec 4 demi-journées par semaine de permanences avenue de l’Eguillette (gratuites pour les participants) et la prospection et des RDV avec les entreprises, l’État vise à :

  • Signer au moins 20 emplois liés à 20 contrats d’apprentissage,
  • Prospecter au moins une entreprise par semaine.

 

…et l’opérationnel terrain

Le Parc propose plusieurs services et une plateforme interactive sur son site https://leparcsaintouen.com et offre à titre gratuit de :

  • Conseiller et informer entreprises et public sur l’apprentissage ;
  • Récolter les offres de contrats d’apprentissage ;
  • Faire le lien avec les demandes d’apprentis (Lycées professionnels, structures d’insertion, CFA et autres) ;
  • Suivre l’actualité du recrutement spécifique sur l’apprentissage dans le territoire (événementiels, forums, portes ouvertes) ;
  • Appuyer la recherche des apprentis : formalisation de la fiche de poste, identification de la formation ;
  • Informer sur l’aide unique et les aides annexes relatives à l’apprentissage ; les droits et devoirs des employeurs en matière apprentissage ; les mesures d’accompagnement des maîtres d’apprentissage ;
  • Accompagner la rédaction du contrat d’apprentissage avant l’enregistrement à l’OPCO (Opérateurs de Compétences dans le domaine de la Formation).

Une de ces demi-journées sera orientée vers le recrutement des apprentis handicapés.

À vous, chefs d’entreprises et partenaires, mais aussi et surtout apprentis, profs, parents et autres adultes concernés…d’abonder en informations ce LIO et de le solliciter pour transformer l’essai ! Car si l’impact est vérifié, le projet pourrait être expérimenté sur un autre territoire et, à terme, être essaimé dans d’autres zones d’activités du département du Val d’Oise.


Béatrice Monomakhoff

 

1- Les CFA sont les centres de formation d’apprentis qui préparent à tous les diplômes professionnels et technologiques de l’Éducation nationale : certificat d’aptitude professionnelle (CAP), brevet d’études professionnelles (BEP), bac professionnel, brevet de technicien supérieur (BTS), licence professionnelle, etc.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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