Un Rafale fait-il le printemps ?

0

Devant l’avalanche de commandes qui ont précédé l’ouverture du 51e SIAE (Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace) du Bourget, on aurait envie d’enfin crier Cocorico !
La France peut se targuer en effet d’être une championne mondiale du secteur aéronautique avec des fleurons comme Airbus, Safran ou Thales, sans oublier Dassault et ses Rafale si chers (si cher ?) à François Hollande.
Mais si le carnet de commandes français entraîne dans son sillage des centaines de Pme avec des emplois qualifiés, on est confronté à deux phénomènes incontournables :
• l’un dû à la mondialisation : à l’identique du secteur automobile, on assiste (hélas pour le vieux continent) au déplacement de certains sites d’assemblage d’Europe vers l’Asie et les États-Unis, les locomotives de la croissance aéronautique ;
• l’autre dû à l’inadéquation de notre système éducatif français : l’aéronautique manque de bras ; près de 2 000 postes sont restés vacants en 2014 ! Les carnets de commandes 2015 tablent sur 8 000 embauches. Et si on ne change pas notre regard sur 
l’apprentissage, on va dans le mur !

L’aéronautique en Val d’Oise ? 3 nouveaux sites industriels
Réjouissons-nous : Le Val d’Oise peut s’enorgueillir d’héberger des sites industriels de Dassault et d’Airbus Helicopters. Mais aussi de la sous-traitance aéronautique avec de nombreuses Pme-Pmi qui travaillent pour Boeing, Airbus, Dassault, Embraer… Et de la maintenance aéronautique avec Dassault Falcon Service pour les jets privés ; AFI KLM E&M et Embraer Executive Jets pour les activités de MRO (Maintenance, Repair and Operations) ; Vector Aerospace France (ex-Seca) pour les moteurs turbopropulseurs.

En l’espace de trois ans se sont déployés autour de la plateforme aéroportuaire de Roissy-CDG trois importants projets industriels : AFI KLM E&M a inauguré en 2012 « Zephyr », le deuxième banc d’essai de réacteurs européen et finalise cette année Hélios 
(cf. p. 9). Airbus Helicopters installe un nouveau site industriel (cf. p. 11). Avec moult emplois à la clé !

Des Pme confiantes – Il était rassurant d’entendre, dès février, les banquiers, parmi lesquels Guillaume D’Adhemar, responsable Société Générale des agences de Cergy-Pontoise, exprimer un sursaut d’optimisme : « Depuis février 2015, le coût d’accès au crédit n’est « plus un sujet » pour les Pme du Val d’Oise qui envisagent sereinement de développer des projets, grâce, d’une part, à la reprise de leur carnet de commandes et, d’autre part, au marché qui propose des taux d’emprunt très bas (Société Générale proposait des taux entre 0,90 et 1,25 sur 7 ans). En effet, nombre d’entre elles travaillent dans le secteur de la mécanique pour l’aéronautique (ou le luxe) et envisagent enfin de renouveler leurs investissements en machines qu’elles avaient différés. » Un discours qui sent un début de reprise ?
On aimerait y croire !

Partager.

Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

Poster un commentaire