Territoire du Val d’Oise, cultivé à 50%

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On peut s’interroger sur la présence du Conseil départemental du Val d’Oise au Salon de l’agriculture… Mais quand on sait que 50 % de la superficie du Val d’Oise est cultivée et que le Conseil départemental a à cœur de défendre les enjeux d’une agriculture durable et solidaire, on comprend mieux la place qu’il tente de faire à ses agriculteurs et les subventions (bien maigres encore) qu’il accorde aux défenseurs de l’environnement. Allez, encore un effort !

Le Conseil départemental du Val d’Oise (CDVO), mobilisé sur les enjeux de préservation de l’environnement et de l’agriculture périurbaine, apporte une aide symbolique aux agriculteurs qui investissent dans du matériel limitant l’usage de phytosanitaires ou de fertilisants et réduisant l’utilisation d’eau.

Favorable à de nouvelles pratiques en faveur d’une agriculture « plus verte », plus « respectueuse du développement durable », le CDVO, en complément du FEADER¹ a voté, en 2019, une subvention globale de 19 484,65 €, répartie dans quatre exploitations valdoisiennes, afin de leur permettre de financer 20 % de leurs nouveaux équipements spécifiques plus respectueux de l’environnement.
Ces aides aux investissements agricoles sont également soutenues par le Programme de Développement Rural (PDR) de la Région Île-de-France. Les crédits, votés et inscrits au budget départemental, sont alloués à l’Agence de Services et de Paiement qui verse les montants aux agriculteurs concernés.

Marie-Christine Cavecchi, présidente du Conseil départemental du Val d’Oise, a tenu à féliciter elle-même les quatre agriculteurs ayant bénéficié de subventions qui investissent dans des équipements agricoles à vocation environnementale : « Vous avez fait le choix d’une agriculture raisonnée, en limitant l’usage d’intrants chimiques. Vous représentez l’agriculture de demain, c’est à dire un engagement fort pour le sol et le terroir. Et vous apportez la diversité dans les assiettes ». Ces quatre agriculteurs ont acheté du matériel qui limite l’utilisation d’intrants chimiques (phytosanitaires ou fertilisants) et réduisent la consommation d’eau.

Laurent Chatelain est à la fois céréalier, pépiniériste (le plus grand d’Île-de-France) et maraîcher au Thillay, près de Roissy, sur une exploitation totalisant plus de 300 hectares. Il y cultive 40 variétés de légumes. Il a reçu une subvention de 1 560 € pour acheter une bineuse maraîchère.

Florian Dezobry, jeune agriculteur depuis 2013, a opté pour la grande culture, 200 ha à Villiers le Sec. Avec une activité de maraîchage sur 11 ha produisant 30 légumes à impact zéro (en termes de phytosanitaires). Son projet de conserverie de taille significative intéresse la filière. Il a reçu une subvention de 8 858,75 € pour investir dans l’acquisition d’une bineuse passe-pieds, d’une bineuse trois rangs, d’une bineuse quatre rangs et d’une pailleuse dérouleuse.

Guillaume Moret exploite une centaine d’ha au Plessis-Gassot, céréales et betteraves, avec deux diversifications : une production de fraises hors sol sous serre et une cueillette de légumes à la ferme. Il a reçu une subvention de 4 814,10 € pour l’achat d’une bineuse classique pour maïs doux et d’une bineuse spéciale pour culture sous plastique.

Edouard Degrémont possède une exploitation de 160 ha à Presles, dont 50 de prairies dédiés à l’élevage. Il a reçu une subvention de 4 251,80 € pour l’investissement dans un dispositif à débit proportionnel à avancement électronique, avec système de pesée, d’un GPS avec coupure de tronçons et d’une trémie avec localisateur d’engrais.

Si les montants paraissent encore bien faibles au regard des enjeux pris par ces petites exploitations dans leurs investissements, elles représentent un pas vers une mobilisation en faveur du développement durable. Pourvu que ça dure…

Les agriculteurs ayant bénéficié de subventions du Conseil départemental du val d’Oise

DE LA FOURCHE À LA FOURCHETTE

C’est la deuxième année qu’au Salon de l’Agriculture de Paris, le département du Val d’Oise à mis à l’honneur ses filières agricoles et agro-alimentaire. Venu nombreux sur le stand (Ndlr : au démarrage de l‘épidémie de Coronavirus…), le public a dégusté des produits locaux du Val d’Oise, miel, confiture, bière, cola, fromage, yaourt et charcuterie, issus de l’arboriculture, du maraîchage, de l’élevage, etc. Un kaléidoscope de saveurs et de couleurs. Peu le savent : 50 % de la superficie du Val d’Oise est cultivée, soit 55 000 hectares, représentant 586 exploitations² sur les 5 076 d’Île-de-France³. Ainsi 2/3 des surfaces de vergers franciliens sont situés dans notre département.

« De la fourche à la fourchette » : L’expression est de Marie-Christine Cavecchi elle-même. Le Conseil départemental est prêt à relever le défi de nourrir les 65 000 enfants des collèges du Val d’Oise dans des cantines approvisionnées de produits locaux de qualité. « Nous travaillons à des contrats de culture, avec une structuration de la filière dans le but d’absorber les pics d’activité et de demande » a précisé M.-C. Cavecchi.

Car le département se veut aussi terre de saveurs inédites et inventives mettant en avant des entreprises créatrices d’emplois locaux :

  • Bruno et Sandrine Zamblera sont la 3e génération de champignonnistes installée à Mériel. La production issue des carrières d’extraction de pierre de Méry-sur-Oise est distribuée en Amap et vendue à la boutique sur l’exploitation. La Champignonnière de la Marianne commercialise 6 à 9 variétés de champignons : les pleurotes roses, jaunes et gris (la température de la salle de culture détermine la couleur), le pleurote royal, le lentin du chêne et le champignon de Paris brun.

 

  • La Bière du Vexin ambrée au miel⁴ est brassée à Thémericourt. Créée par Denis Sargeret en 2001, l’entreprise compte six personnes et produit sept variétés de bière totalisant 2 600 hectolitres à l’année. L’orge provient de l’exploitation familiale de 200 hectares.

 

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Sur le stand de La Bière du Vexin

  • Située à Avernes, l’Huilerie et Moulin Avernois produit 13 000 litres d’huile de colza, tournesol, cameline, œillette et aussi à partir de pépin de courge. « Même les gaufres sont faites avec la bière du Vexin, précise Stéphane Duval avec un large sourire. Nous sommes d’irréductibles gaulois ».
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Sur le stand de l’Huilerie et Moulin Avernois

La plus grande ferme de France, le Salon de l’Agriculture, est la vitrine de l’excellence de la production agricole nationale, reposant sur la qualité des produits (une exploitation sur quatre possède un label), le bien-être animal et la sécurité alimentaire. Des critères essentiels pour créer la confiance avec le consommateur et permettre à la France d’être le premier pays agricole de l’Union européenne.

Le bio-solidaire prend de l’importance. « Plaine de Vie », association d’insertion par l’activité économique, à Ézanville, soutenue par le CDVO, cherche à convaincre que ce n’est pas qu’une tendance. Les légumes bio⁵ cultivés dans l’association sont distribués aux adhérents, favorisant l’emploi de personnes en difficulté ou éloignées du monde du travail.

Le « retour à la terre » et aux valeurs de solidarité, la lutte pour le développement durable ne peuvent que s’accélérer avec hélas les effets de la pandémie engendrée par le Coronavirus… Espérons que passé ce douloureux moment, nos dirigeants et politiques poursuivront leurs efforts.


Béatrice Monomakhoff et William Hitchon

 

1- Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural.
2- Dont 42 % cultivent du blé tendre, 11 % de la betterave et 10 % du maïs.
3- L’agriculture en Île-de-France totalise 5 076 exploitations agricoles dont 4 000 qui cultivent des céréales. Elle compte 1 400 000 volailles, 27 300 bovins, 10 400 ovins, 7 300 porcins, 2 100 caprins.
4- La Bière du Vexin a été sacrée Meilleure bière au miel au monde en 2014 et 2016.
5- Plaine de Vie a reçu la certification ECOCERT en 2000.

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Auteur

Consultant senior chez Groupe Urvika, et ancien Directeur conseil en communication institutionnelle à l'agence Brief (75-Paris), William Hitchon a exercé auparavant des fonctions commerciales européennes dans l'industrie (3M, Bic, Soupletube, Bormioli). Au début des années 2000, il crée le prix littéraire Philippe Delerm jeunesse en partenariat avec le Conseil départemental du Val d'Oise. William Hitchon collabore à La Lettre de l'Entreprise depuis 2016.

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