Sebbin, 6e sur le marché mondial des implants

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C’est une grosse PME valdoisienne, presque une ETI, située sur un marché de niches occupé par des géants du secteur, américains et européens voire brésiliens¹ , celui des dispositifs médicaux chirurgicaux : les implants du corps. Sebbin y détient le 6e rang mondial. Le groupe réalise 30 millions de CA et fait vivre 200 salariés dont 150 en France.

Cette place de sixième qu’occupe Sebbin sur le marché mondial des implants du corps qui représente au total 1,5 milliard de chiffre d’affaires ne s’est pas acquise en un jour.

La PME valdoisienne travaille depuis plus de 30 ans à la conception et la fabrication de dispositifs médicaux implantables au service de la chirurgie esthétique et reconstructrice². Elle fabrique intégralement ses produits dans son usine du Val d’Oise à Boissy-l’Aillerie, dans 2 000 m2 de surface dont 50 % réservés aux salles blanches. Le savoir-faire de Sebbin réside dans le travail de la silicone et la pratique d’un contrôle qualité sur 100 % de ses implants (normes ISO 9001 et 13485).

sebbin

Test d’étanchéité

En complément de sa gamme d’implants mammaires ronds et anatomiques, le Groupe Sebbin propose aux chirurgiens des solutions d’implants spécifiques pour répondre aux besoins de leurs patient(e)s (implants testiculaires, mollets, fessiers et faciaux – menton et mâchoires) mais aussi des expanseurs cutanés en cas de brûlures graves.

Dans certains cas de reconstruction chirurgicale, Sebbin utilise une technologie 3D, en partenariat avec la start-up AnatomikModeling, pour réaliser une empreinte de grande précision et concevoir des implants thoraciques sur-mesure.

La transformation de l’entreprise

Si le Groupe Sebbin progresse sur ses parts de marchés (25 % en chirurgie réparatrice et 75 % en esthétique) et vend aujourd’hui ses produits dans 63 pays (85 % du CA via 52 distributeurs), il a traversé un passage à vide que ses actionnaires ont su affronter. Ils ont sollicité Benoit Durand-Barracand, l’actuel PDG, un repreneur d’entreprise de 51 ans, qui en a passé 25 à redresser des sociétés en difficulté.
Formé à « l‘école » Arthur Andersen puis Deloitte, Benoit Durand-Barracand a acquis une longue expérience dans le conseil et la banque d’affaires, puis dans de nombreuses entreprises multisecteurs (du prêt-à-porter à la boulangerie industrielle).

Benoit Durand-Barracand, pdg de Sebbin

Quand il a pris la tête de Sebbin, en mars 2018, Benoit Durand-Barracand raconte : « J’ai réuni tous les cadres de l’entreprise et leur ai fait un tableau sans concession mais honnête de la situation qui était alors compromise. Sebbin devait freiner une croissance non maîtrisée, se focaliser sur son cœur de métier et retrouver au plus vite une rentabilité et un cash-flow positif. Pour cela, il était nécessaire de structurer davantage l’entreprise sur le plan humain et de créer des process opérationnels. Mais Sebbin disposait déjà d’un savoir-faire exceptionnel sur des marchés en croissance structurelle à l’échelle mondiale. Tous les espoirs étaient permis ! »

Une ligne directrice claire avec l’objectif d’augmenter le chiffre d’affaires de 20 millions à 4 ans fixé par le nouveau PDG qui, certes a fait partir 25 personnes de l’entreprise, mais en a réembauché 20 en 2019. Des embauches qui se poursuivent notamment au marketing, aux ventes, aux services qualité – affaires réglementaires et études cliniques, « des services où l’on ne fera jamais d’économies, insiste le pdg. L’expertise de nos produits passe par leur qualité et la fiabilité de nos produits validés par des études cliniques à grande échelle. Nous avons tous les atouts pour réussir et notre avenir est entre nos mains. »

L’arrivée du Covid-19 bousculera certes le plan de développement de Sebbin mais « pourrait également ouvrir de nouvelles opportunités à l’entreprise », précise-t-il.

Béatrice Monomakhoff

1- Allergan, Mentor (Johnson & Johnson), Polytech, GC Aesthetics, Motiva, Arion, Silimed…
2- Implants en silicone de classe III en particulier

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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