Qu’est-ce qu’on attend ?

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On avait prévu de consacrer la couverture de ce numéro d’été à la cure de jouvence des temples du shopping « existants ou en devenir » pour qui nos promoteurs immobiliers, entrepreneurs et commerçants se donnent tant de mal¹… Notre dossier leur est consacré. Et bravo ! Qu’ils continuent à créer des emplois… Avant que le Qatar² ne rachète la totalité de nos actifs (pourquoi pas ?) et révolutionne notre « exception culturelle » (moins d’accord ?) qui ne s’inscrit pas seulement dans l’art et le cinéma, mais aussi dans notre art de vivre.

Devant le désarroi d’un certain nombre d’entre nous qui jongle entre vacances écourtées, convocations bancaires stressantes, crises de confiance dans le développement chaotique de leur entreprise… Incertitude en la pérennité de leur emploi et de l’économie de leur pays, on a eu envie d’un sourire… et d’un coup de gueule !

On a donné la parole – et la couverture – à notre invitée, Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation iFRAP³ qui explique sans détour dans l’interview de Paul Marie Guyon qu’une « ETI⁴ française paye 40 % d’impôt de plus qu’une ETI allemande » et qui propose « la fusion de toutes les communes de moins de 10 000 habitants ».

Agnès Verdier-Molinié a publié, au printemps, un livre au titre limpide « 60 milliards d’économies » et au sous-titre non moins limpide  « oui, mais tous les ans ».

De quoi parle-t-elle ? d’une réduction de 700 000 postes dans la fonction publique d’ici à 2021 (tableau à l’appui), du coût du « statut » du fonctionnaire (18 milliards par an), du culte de la Sécu dégagée de toute obligation de rentabilité, du mépris de l’usager, de l’opacité généralisée, du conformisme syndical… Lisez-là !

Lisez-là… Parce que la rentrée va être difficile…  Parce que son livre –tiré d’un rapport confidentiel de l’inspection des Finances, commandé avant l’alternance et qui dressait une liste des économies possibles pour redresser le pays– est éclairant pour comprendre le coût démesuré de notre administration publique…Parce que son sujet de reforme des structures est au cœur de l’actualité de cette « crise »que certains ne nomment plus ainsi mais rebaptisent plutôt « changement fondamental de notre société ».

Un changement qu’il serait temps que nos gouvernants entreprennent. Des gouvernants rejetés par la jeune génération qui part –quand elle en a les moyens– faire ses études ou trouver un premier emploi à l’étranger, qui invente chaque jour nouveaux métiers, services ou produits via Internet et a pris, elle, son changement en mains depuis longtemps…Alors, on attend quoi pour lui bâtir un monde meilleur ?


1- On se bousculait aux journées d’embauche d’Aéroville (Roissy) qui prévoit 2 500 emplois.
2 – Propriétaire du Printemps depuis cet été et de Harrod’s à Londres.
3 – Ifrap : Fondation pour la recherche sur les administrations et politiques publiques.
4 – ETI : entreprise de taille intermédiaire.
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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