Lilybulle : sauvons nos librairies !

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Nos librairies ou magasins de presse disparaissent de manière fulgurante à cause d’Internet et d’Amazon qui occupent de plus en plus de place sur le marché. Pourtant, certains luttent face à cette concurrence. Pour preuve, la réouverture, à l’Isle Adam (95) depuis un an, d’une librairie-presse «Lilybulle », avenue de Paris, en plein centre-ville.
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Patrick Zakrzewski

Audrey et Patrick Zakrzewski ont repris la gestion de la maison de la presse pour développer un concept store « culture et décoration » associant l’univers de la décoration, la peinture et la tapisserie à celui d’une librairie-presse. Le « plus » est un salon de thé ou les clients s’accordent une pause conviviale.

Après un démarrage compliqué (Lilybulle était, depuis 2012, dans un autre quartier de l’Isle Adam), le couple Zakrzewski s’est battu pour que ce lieu de vie reste un élément essentiel du centre-ville et ne se transforme pas en banale boutique cadeau-déco. « La reprise de l’ancienne « Maison de la presse » de l’avenue de Paris, encouragée par le maire qui voulait conserver pour les Adamois un point presse en ville, y a largement contribué », souligne Patrick Zakrzewski.

Pour s’installer, Audrey et Patrick ont dû convaincre les banques, le tribunal de commerce du bien-fondé de leur business plan sur le mariage des activités de la presse avec l’univers de la décoration  « unique en France ». Pour développer au mieux le concept store et élargir sa cible (88 % des lectrices sont dans la cible de l’univers de la décoration et les 35-49 ans lisent plus de 20 livres par an), Lilybulle a élargi son périmètre de services et de produits. L’activité presse-librairie lui garantit une fréquentation régulière de 300 passages par jour, plus importante que la seule boutique de décoration (10 passages par jour). Mais l’un ne va pas sans l’autre.

La presse, moteur de vente

« Les clients de Lilybulle, en venant acheter leur journal, ont l’occasion d’exposer leurs idées déco. Inversement, le concept store draine une clientèle attirée par la décoration, qui profite à l’activité presse, plus spécifiquement la presse spécialisée. Cette réciprocité fonctionne parfaitement et attire une clientèle appréciant la variété de ce concept store. Bien entendu, Lilybulle vend ses livres au même prix que les géants d’Internet, grâce à la loi sur le prix unique du livre. C’est aussi en proposant les derniers titres parus que la librairie s’attirera de nouveaux clients », explique P. Zakrzewski
Le résultat est positif. « Dès la première année, le chiffre d’affaires a doublé et le panier moyen a triplé. Le gain se ressent sur la presse quotidienne mais également sur les livres culturels, d’histoire et de cuisine. Plus de 10 % des clients « presse » se laissent tenter par des objets de décoration, pour leur plaisir. Preuve est faite que le commerce de proximité fonctionne encore si l’on s’adapte aux besoins du consommateur et qu’on innove dans la façon de gérer son commerce ».

Patrick Zakrzewski souligne l’importance du rapport de proximité avec ses clients pour mieux les connaître, les conseiller, les deviner. « J’ai souhaité que le lieu soit cosy… que les client(e)s se sentent comme à la maison ». La passion de son commerce et le soin qu’il apporte à sa clientèle sont palpables. C’est en cela que Lilybulle se différencie de l’anonymat d’Internet. C’est pourquoi le couple a conservé une spécialiste de la librairie auprès d’eux pour conseiller les lecteurs.
Lillybulle s’est aussi acquis une clientèle scolaire et travaille avec les écoles.
Elle propose de recevoir très rapidement les produits non disponibles, pour l’agrément de ses clients. Une carte de fidélité et un café sont des petits plus auxquels tiennent Patrick et Audrey.
Dans le même esprit de convivialité et d’échange, plusieurs auteurs sont venus dédicacer leurs œuvres, et ce n’est qu’un début !

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Jeanne Goasdoué
 


Et pour les fans des libraires qui veulent défendre leurs causes, télécharger l’appli http://byblosapp.com – cf notre exclu web sur lalettredelentreprise.com                                                                                                   
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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