L’IA peut-elle pallier nos déficits ?

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L’IA¹ peut-elle sauver de la mort des femmes battues grâce au bracelet anti rapprochement² ?

Peut-elle empêcher des alcooliques de conduire grâce au starter anti démarrage ?

Peut-elle aider des travailleurs à éviter des accidents du travail ?

Peut-elle seconder des médecins à traverser des pathologies inexplorées ou complexes ?

Oui, l’IA peut tout cela sans doute et bien plus encore … Si l’on veut s’en donner la peine !

Jusqu’à présent, on ne la regardait pas toujours du meilleur œil, cette intelligence qui a des velléités de remplacer la nôtre, de s’y substituer et surtout d’être la reine des calculs, des data, des algorithmes et donc fatalement des classements…
des soustractions parfois… des ségrégations aléatoires.

C’est tout l’enjeu de cette nouvelle technologie qui semble (est-ce vraiment elle ?) vider nos usines mais, en même temps, nous offrir des outils, inimaginables il y a 20 ans. Qui vit aujourd’hui sans Internet et sans smartphone ? En 1985, le supercalculateur le plus puissant du monde pesait près de 2,5 tonnes. En 2013, moins de 30 ans plus tard, l’iPhone 4 d’Apple dispose de la même puissance de calcul tout en ne pesant que 137g !

Oui l’IA peut tout cela… Et si elle fait aussi la fortune d’Atos et de Google qui viennent de créer un Lab d’IA pour les entreprises³, on sait que grâce à l’utilisation du calcul intensif, en 2018, des avancées dans le domaine de la lutte contre le cancer ont été rendues possibles…

On sait aussi que l’IA peut nous aider à lutter contre des fléaux sociétaux que nous semblons avoir beaucoup de mal à résorber (addictions, violences, maladie, …) et qui sont comptables de nombreux morts.

La route est longue

Bien sûr il y a un énorme fossé pour ne pas dire un « précipice » entre le programme R&D des supercalculateurs (systèmes informatiques capables d’effectuer un milliard de milliard de calculs par seconde) d’Atos et du CEA, soutenus par l’État Français et les premiers balbutiements de la société française qui, via des initiatives collectives ou individuelles, tentent de créer produits et services pour pallier ses déficits sociétaux.

Par ailleurs, l’IA, aussi puissante soit-elle, a montré ses limites. Aux États-Unis, le constructeur de véhicules autonomes, Tesla, a écopé d’une plainte pour « système de pilotage automatique soupçonné de défaillance ». L’IA est accusée de manquer de partialité dans la programmation de ces algorithmes, racistes⁴ ou sexistes ! Enfin, lors des élections européennes, les algorithmes de nos instituts de sondage n’avaient pas anticipé, en Europe, la poussée des 25-35, mobilisés pour un vote en faveur de l’environnement, ni en France, l’effondrement de la droite et la gauche traditionnelles… Non apparemment, jamais l’IA ne remplacera l’homme, ni son intelligence.

Le Val d’Oise prend de l’avance 

Comme des milliers de start-up, c’est à VivaTech que « Rcup », incubée dans la pépinière de Bezons, a pu présenter ses semelles morphologiques, insérées dans des chaussures de sécurité « anti-accident du travail ».

 Très mobilisées déjà depuis longtemps sur les violences conjugales, les autorités judiciaires du Val d’Oise ont saisi au vol, « un projet d’expérimentation avec le cluster Security Systems Valley créé par le CEEVO » pour mettre en place le dispositif de bracelet anti-rapprochement. Depuis plusieurs années, le commandement de la gendarmerie de Pontoise a entamé une formation intensive des équipes à l’écoute des victimes. Ce qui a motivé les encouragements et la visite de Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Thierry Breton, PDG d’Atos, a quant à lui, invité Bruno Le Maire, ministre de l’Économie à l’inauguration de son lab Atos-Google à Bezons, au siège d’Atos (95). « Il est temps que la France accélère le développement de cette technologie. Nous avons un leader dans ce domaine et c’est Atos…  qui est visionnaire. Nous voulons, et c’est une priorité du président de la République, que la France soit leader dans l’intelligence artificielle et qu’elle investisse massivement dans les technologies quantiques pour qu’avec ses partenaires européens elle puisse résister aux puissances US et Chinoise. » a déclaré le ministre.

L’IA n’a pas dit son dernier mot… Loin de là !

1- Intelligence Artificielle
2- Qui permet de géolocaliser en temps réel les agresseurs potentiels en prévenant ainsi tout rapprochement avec leurs victimes.
3- Atos développe pour Google un Centre d’Excellence en Programmation Parallèle (CEPP) avec une puissance de calcul surdimensionnée.
4- En 2016, le site américain ProPublica révèle les biais racistes du système de prédiction de la récidive Compas.
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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