Le changement … pour les autres !

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Expliquez moi l’économie … La rentabilité, la productivité, la répartition du capital ou celle du temps de travail ou encore les rémunérations, la qualité de l’équipement productif, etc. Tout ça, pour l’économie, est accessoire, pas essentiel. Ils sont selon les cas, la goutte d’huile, ou le grain de sable du système.

À écouter les économistes, leur matière ne se comprend qu’avec des équations et des courbes plus ou moins liées à la théorie économique. Cela est peut-être explicable à un spécialiste de macroéconomie… Et encore ! Nous n’avons pas besoin de réfléchir longtemps pour constater que le véritable ressort de la machine est la CONFIANCE.

Une évidence ? Peut-être, sauf qu’on l’oublie en permanence.

Faire confiance à quelqu’un ou à quelque chose, c’est se fier, croire dans les possibilités et les potentialités de l’autre ou de l’outil, c’est se fier à des capacités. La confiance dans ceux que l’on a investis pour définir le cap et y conduire, détermine notre enthousiasme à imaginer, à prendre des risques, à créer, à assumer des responsabilités. L’industrie aéronautique l’a bien compris : avec Concorde elle a su fédérer Français et Britanniques qui étaient chacun jaloux de leur savoir faire et avaient deux systèmes de mesures différents. La réussite de l’A 380 a nécessité, dans un cas comme dans l’autre, la confiance absolue entre les étapes de R&D, dans la fiabilité des matériaux. Il a fallu de part et d’autre de l’Europe qu’on regarde dans la même direction, malgré la concurrence… pour imposer une alternative à Boeing

Or il faut bien constater que semaine après semaine, sondage après sondage, élection partielle après élection partielle, les Français font de moins en moins confiance, et dans les hommes qu’ils ont élus, et dans leurs organismes d’État… alors qu’ils plébiscitent certains de leurs PDG… Stéphane Richard d’Orange en est un exemple criant. Passe encore pour les citoyens, mais il en va de même pour les administrations, qui sont certes au service de l’État, mais qui ne voient toujours pas où va le chef. Louis Gallois ou Jacques Attali, d’autres aussi en témoignent.

La particularité de la confiance, c’est qu’elle s’acquiert lentement et qu’elle se perd très vite, surtout aujourd’hui. Quand le bateau coule, il n’est pas utile de penser à faire un procès au chantier naval… mais de décider comment dispatcher les canots de sauvetage.

Il faut bien constater que la France s’enfonce dans sa dette et sa crise, et que nous renforçons le modèle qui nous ruine, celui de l’État dépensier. La Commission pour la libération de la croissance française avait été chargée, en 2007, par Nicolas Sarkozy de rédiger un rapport fournissant recommandations et propositions afin de relancer la croissance économique de la France. Elle a rendu ses conclusions le 23 janvier 2008, et depuis nous avons tous applaudi : oui à la réforme… pour les autres mais pas pour nous.

L’actuel président ne va pas beaucoup plus loin. Quoi qu’il en dise, le climat du pays n’est pas plus apaisé. Toute perspective de création de richesse est du domaine de l’utopie. Le chômage de masse est malheureusement installé même si le combattre doit être une priorité nationale. Sommes nous sûrs que nous ayons chaussé les bonnes lunettes ? Quand retrouvera-t-on les beaux jours de l’industrie d’hier ? Soyons réalistes : JAMAIS. Alors, prépare-t-on (État et parents) nos jeunes à accepter sans nostalgie et à s’adapter au nouveau monde que nous leur laissons et dans lequel tout, radicalement tout, a changé ?

« Avoir la confiance de quelqu’un est un compliment plus important que d’être aimé. » écrivait George MacDonald¹. Le problème aujourd’hui, si l’on en croit élections et sondages, c’est qu’il n’y a plus ni l’un ni l’autre. And what else ?


1- George MacDonald (1824 † 1905) est un écrivain britannique et pasteur calviniste. Son œuvre littéraire, peu connue en France, a suscité l’admiration, entre autres de W. H. Auden, G. K. Chesterton et J. R. R. Tolkien. C. S. Lewis le considérait comme son « maître ».
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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