L’ADEME : produire plus propre

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« La maison brûle et nous regardons ailleurs », disait Jacques Chirac en … 2002. Et depuis ? L’État fait (rarement) ce qu’il peut et ce qu’il doit. Et nos entreprises ? L’Ademe propose de les accompagner dans leur transition écologique, et, bonne nouvelle, leur explique qu’au passage, qu’elles pourront faire des économies !

Arnaud Leroy

Arnaud Leroy  © Jean Chiscano

L’Ademe (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) ouvre aux entreprises indécises la route de la transition industrielle. À sa tête, Arnaud Leroy (43 ans), ancien secrétaire général des Verts au Parlement européen, veut faire de cette transition un instrument utile aux entreprises pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, date à laquelle les besoins énergétiques régionaux seront supposés couverts par des énergies renouvelables. Écologique, énergétique, numérique, agricole, la transition a un impact sur les mobilités, l’habitat et les comportements. On l’aura compris, cette transition est une question de survie.

Pour l’Ademe, « Le coût de l’immobilisme est énorme ; plus on tarde, plus ce sera cher et compliqué », prévient Arnaud Leroy, favorable à la politique des petits pas.
« L’Europe a sa part de responsabilité dans les émissions de GES (gaz à effet de serre). On ne peut en rejeter la responsabilité sur les seuls États-Unis et la Chine ».

« Tous les 2 ans, c’est une ville de 100 000 habitants qui
disparaît »

La pollution de l’air est une des trois causes de mortalité prématurée. Une étude de 2016 de « Santé publique France » montre que 48 000 Français meurent chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’air. Tous les 2 ans, c’est une ville de 100 000 habitants qui disparaît.

Les pics de pollution font la Une, mais le cœur du problème, c’est la pollution quotidienne, les particules fines, pour lesquelles il n’y a pas d’effet de seuil. La qualité de l’air s’améliore, mais le « mauvais » ozone stagne toujours entre le sol et 10 km d’altitude. L’Île-de-France fait partie des 15 « zones de contentieux » pointées du doigt par la Commission Européenne.

Les entreprises jouent un rôle important, générant 80 % des émissions de dioxyde de soufre SO2 et 41 % des Composés organiques volatils (COV non méthanique) (source CITEPA 2017).
En Île-de-France, plusieurs centaines d’entreprises ont adopté la Charte CO2. Bien, mais l’objectif 2021, c’est d’inviter 3 000 transporteurs et 400 chargeurs à s’engager dans la transition écologique.

Moins de déchets… mieux valorisés

Selon l’Ademe, « moins de déchets et mieux valorisés, c’est gagner en compétitivité ». Double avantage, pour l’entreprise et pour la planète, car l’économie circulaire limite la mise en décharge et l’incinération. D’ici 2022, de nouveaux moyens de recyclage vont émerger et de nouvelles filières se mettre en place, pour les plastiques notamment. De quoi permettre à l’industrie de réduire sa part actuelle de 37 % des déchets des activités économiques.

Lancé en 2017, le programme « TPE, PME gagnantes à tous les coûts » propose un accompagnement de 12 mois pour identifier les économies liées à une meilleure utilisation de l’eau, des matières et de l’énergie. Pour l’Île-de-France, le bureau d’études Incub’ethic (pour les entreprises de 20 à 250 salariés) et les CCI (pour les entreprises de 0 à 19 salariés) établissent le diagnostic qui pointe les économies possibles, que l’entreprise décide ensuite de mettre place ou non. Nortier (emballages de luxe à Saint-Ouen l’Aumône – 95) est engagé dans une démarche RSE. « Les clients et les collaborateurs exigent l’amélioration continue ». Selon le DG, Didier Rochas, « la démarche de l’Ademe est une évidence. Un accompagnement d’experts nous permet de réduire les coûts en termes d’énergie et de déchets grâce à des actions efficaces ».

L’Ademe finance aussi, au titre des Programmes d’Investissements d’Avenir, des projets d’économie circulaire et de déchets, impliquant – de 2010 à 2018 – 14 PME/TPE d’Île-de-France, qui ont reçu 3M€ d’aides sur 8,2 M€ d’investissement. Des projets comme le réemploi de batteries Li-Ion (Carwatt), une plateforme numérique pour une filière de matériaux biosourcés et de réemploi pour le BTP (Matabase) ou un équipement de méthanisation modulaire (Modulo +).

Création d’emplois verts

L’économie verte crée des emplois locaux. On le savait. Mais il est bon de le rappeler. La méthanisation, les matériaux biosourcés… vont créer, selon l’Ademe, 300 000 emplois d’ici 2030, soit 25 000 emplois par an.


Olivier Cerf et Alain Mayor

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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