La grande couronne s’organise

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Afin d’éviter la marginalisation de leurs départements face à la « Métropole du Grand Paris », les présidents des Conseils départementaux de l’Essonne, des Yvelines, de la Seine-et-Marne et du Val d’Oise ont décidé de s’unir au sein de « Grande Couronne Capitale », une association qui entend bien « peser dans le débat régional ».

Conférence de presse du 5 novembre 2015 à Evry

Conférence de presse du 5 novembre 2015 à Evry

Le 1er janvier 2016, la Métropole du Grand Paris (MGP) a vu le jour. Cette nouvelle collectivité territoriale regroupe Paris, les 123 communes des départements de la petite couronne et 7 villes de la grande couronne (dont Argenteuil). Dotée de quatre grandes compétences (aménagement de l’espace métropolitain, politique locale de l’habitat, développement économique, social et culturel et protection de l’environnement), la MGP incarne désormais le Grand Paris aux dépens de la Région Île-de-France… et des départements de la grande couronne qui en sont exclus.

La périphérie marginalisée

Les présidents des quatre départements écartés Essonne, Yvelines, Seine-et-Marne et Val d’Oise ont donc décidé d’unir leurs forces et annoncé, le 5 novembre à Evry (Essonne), la création de l’association Grande Couronne Capitale. Avec cette dernière, François Durovray (Essonne) entend bien « faire du lobbying pour peser dans le débat régional. » Car les quatre présidents (tous classés à droite) partagent le constat énoncé par Arnaud Bazin (Val d’Oise) de « risque de marginalisation de la périphérie » et d’« une vision étriquée de la métropole ». « La vraie métropole, c’est la région Île-de-France, dont la grande couronne représente la moitié des habitants et 90 % du territoire, poursuit François Durovray. La Région ne doit pas être prisonnière d’un mastodonte de 6 millions d’habitants mais doit marcher sur deux jambes : la MGP et les départements de la grande couronne. » Fruit d’ « un calcul politicien, décidé de nuit, en faveur des trois départements de gauche (Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val de Marne) » selon Pierre Bédier (Yvelines), la MGP est également pointée du doigt pour « ses compétences qui entrent en collision avec la Région ».« L’une a les transports et l’autre a l’aménagement : cela n’a pas de sens » insiste Arnaud Bazin.

Ajoutons que dans la Métropole du Grand Paris, les communes sont regroupées géographiquement en douze établissements publics territoriaux (EPT), nouvelles intercommunalités dotées de compétences en matière de politique de la ville… qui s’ajoutent au millefeuille territorial. Par ailleurs, cette MGP dont le modeste budget avoisine les 70 millions d’euros n’intègre pas des zones-clés de la métropole comme l’aéroport de Roissy.

Rendez-vous mi-janvier

S’il s’agit bien de « contrer le phénomène de concentration et de centralisation » qui se dessine autour de la Métropole du Grand Paris, l’association entend également jouer la carte de la solidarité entre les quatre départements avec, quand cela s’avèrera possible, « une mutualisation des moyens » dans un contexte « de baisse des dotations et d’augmentation des dépenses, notamment sociales. » La première réunion de Grande Couronne Capitale est prévue le 18 janvier 2016. Les élus de la grande couronne pourraient bien trouver un appui en la personne de Valérie Pécresse. À peine élue, la nouvelle présidente de la Région a en effet réclamé l’abandon de la MGP. À suivre.

PS : À l’heure du bouclage de ce n° 34 les quatre présidents des départements de la grande couronne se réunissent à nouveau car il estiment être « Dans l’impasse pour boucler leur budget 2016. Avec, d’une part, la baisse brutale des dotations de l’État aux collectivités et, d’autre part, l’alourdissement des charges obligatoires de solidarité, les départements ne disposent d’aucune marge de manœuvre pour établir un budget équilibré pour l’année à venir. »

Le financement du RSA est fragilisé, la capacité d’investissement quasiment anéantie, et la dynamique même de développement cassée. Comment sortir de cette impasse ? Quelles mesures d’économie doivent être prises pour tenter de redresser la situation ? C’est ce dont ils débattent devant la presse le 18 janvier.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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