Heppner mise sur le numérique

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Cette entreprise alsacienne presque centenaire (92 ans) transporte dans toute l’Europe et au-delà des mers vos produits par tous modes de transport, activité sophistiquée nécessitant traçabilité, hygiène et sécurité.
Dirigée par la quatrième génération, elle a démarré sa révolution digitale.

heppnerJean-Thomas Schmitt, directeur général

Créée en 1925 dans le Bas-Rhin, Heppner, ETI familiale, est devenue par croissance externe un opérateur européen de la supply chain. L’entreprise intègre trois métiers : le transport terrestre – messagerie France et international et affrètement -, le transport international aérien et maritime pour des livraisons overseas en provenance et à destination du monde entier et la logistique. Dans chacun de ses métiers, le groupe a su innover. En messagerie, Heppner propose, entre autres, une offre « Star 13 » avec une livraison avant 13h et à la clé un beau succès commercial.

Heppner a réalisé en 2016 un CA de 648 M€, dont 62 % à l’international, notamment dans les pays d’Europe centrale et orientale et du Maghreb. Elle emploie 3 100 collaborateurs dont 3 000 en France. Du fait de son origine alsacienne, l’entreprise est un leader des échanges franco- allemands et couvre toute l’Europe avec son réseau System Alliance. Ses clients sont informés en temps réel de la localisation de leurs produits. Délai et traçabilité sont pour Heppner les éléments clés de la création de valeur. 20 M€ en 5 ans ont été investis dans le numérique, chantier phare de la transformation pour rester compétitif dans un marché difficile aux marges tendues. Le groupe mise sur l’explosion « business- to-business» du e-commerce et investit dans des outils logiciels pour répondre aux attentes des clients.
Signe que tout est possible, à condition de s’en donner les moyens, l’activité messagerie a dégagé un résultat opérationnel positif en 2016, pour la première fois en 20 ans.

Issu de la quatrième génération, Jean-Thomas Schmitt a pris, à 32 ans, la direction du groupe Heppner. Diplôme de l’EDHEC en poche (école de commerce de Lille), il a rejoint l’entreprise familiale pour ne pas laisser son père dans l’incertitude de la transmission. Ce dernier lui a tracé un parcours opérationnel dans toutes les divisions du groupe.
« J’ai démarré dans le freight forwarding (transport international maritime et aérien) à l’agence de Lille. Puis j’ai été attiré par le transport international terrestre et ai repris un service à Rungis. Ensuite, j’ai rejoint la région Île-de-France nord ».
À chaque étape, Jean-Thomas Schmitt met en place avec ses équipes des actions pour atteindre un très haut niveau de satisfaction client. « Heppner vise l’excellence opérationnelle, soit 98 % de service en temps et en heure ». En 2012, Jean-Thomas Schmitt est nommé directeur général délégué, puis en 2015 directeur général.
« Mon père m’a laissé une grande liberté d’entreprendre ». Pour se différencier de ses concurrents et réaliser son objectif de 850 M€ de CA en 2020, J.-T. Schmitt place la satisfaction client au cœur du projet d’entreprise et souhaite adapter l’outil industriel – dépôts, plateformes et solutions logicielles – aux besoins des clients. Facile à dire mais difficile à réaliser ! Seul membre de la famille à travailler au quotidien à ses côtés, Clara, sa sœur, est responsable d’une dizaine de grands comptes.

Gestion d’une ETI
Chez Heppner, on considère qu’une ETI est avant tout une entreprise souple, agile, où la prise de décision doit être rapide et où le politique n’a pas sa place. « En résumé, c’est une dynamique positive avec des circuits de décision courts » précise J.-T. Schmitt qui revendique un échange avec tous les collaborateurs du groupe. « J’assume les décisions que je prends. Je suis dans la démocratie jusqu’à ce que la décision soit prise, après quoi elle s’impose à tout le monde ». « Chez Heppner, la simplification du dialogue social et la représentativité du personnel sont des thématiques essentielles. Le METI nous permet de pousser en avant nos problématiques sociales et fiscales, essentielles pour que les ETI perdurent. Les pistes développées par le gouvernement sur la loi Travail vont dans le bon sens : importance plus élevée donnée aux accords d’entreprises, plafonnement des indemnités de licenciement… Fortement décentralisé, notre groupe compte environ 450 représentants du personnel, 23 comités d’entreprises et d’autant de comités CHSCT : c’est trop, une entreprise n’a pas besoin de ça ! La fusion du Comité d’entreprise et du CHSCT dans la nouvelle loi Travail va aussi dans la bonne direction ».

1- METI : Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI) https://www.m-eti.fr/

Olivier Cerf

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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