Formation des pilotes : le marché s’organise.

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SIM, n°3 mondial des centres indépendants

Le trafic aérien mondial a progressé de 6 % au premier trimestre 2013 et les carnets de commandes des constructeurs se remplissent sur tous les segments de marché. Cette tendance se traduit par un besoin croissant de pilotes, qu’il va falloir former, phénomène notable sur tous les continents.

Essai d'un simulateur au Salon international du Bourget

Essai d’un simulateur au Salon international du Bourget

Selon les réglementations en vigueur, chaque pilote doit d’effectuer, au minimum, quatre heures de formation sur simulateur de vol tous les six mois (8h/an), au titre de la formation continue. Pour de multiples raisons, certaines compagnies les contraignent parfois à 12 voire 16 heures par an. Un marché en pleine croissance que se partagent les fabricants de simulateurs, les avionneurs, les compagnies,–même si elles commencent à externaliser ces prestations– et les centres de formation indépendants. C’est le cas d’Easyjet qui a conclu un accord en 2012 avec SIM, installé à proximité de l’aéroport Charles de Gaulle, à Roissy (Parc Roissy Mail), dont l’un de ses simulateurs pour A320 est exclusivement réservé à la compagnie low-cost.

La pertinence économique

Née d’une idée d’Éric Renault, l’actuel pdg de SIM et de Jean-Marc Petit, son vice-président, Sim achète, en 2002 à Dinard, ses deux premiers simulateurs de vol pour Fokker 27 et 28, qui constituaient et constituent toujours, une niche de marché bien identifiée, puisque aujourd’hui des pilotes du monde entier viennent passer leurs tests en Bretagne. Sur les courtes distances, les hélices surclassent les réacteurs et les appareils régionaux à turbopropulseurs de type ATR¹ connaissent un regain de succès. La multiplication des ATR en service à travers le monde entraîne des besoins croissants en termes de formation de pilotes. Les centres tournent à plein régime, d’où la décision du constructeur franco-italien de mettre en service un nouveau simulateur développé par Thales et exploité par SIM.

« Ce nouveau centre de formation stratégiquement situé (NDLR : à Roissy CDG) permet un accès facile à nos opérateurs non seulement européens, mais aussi d’autres continents. Il va permettre également de délester nos autres centres de formation, et notamment celui de Toulouse, qui tourne déjà à plein », explique Filippo Bagnato, pdg d’ATR.

Le reste du monde dans le collimateur

Pour SIM, 2009 aura été marqué par l’ouverture d’un centre de formation de huit simulateurs à Johannesburg (Afrique du Sud), le premier à l’étranger avant celui de Paris Charles de Gaulle en 2011, qui abrite lui aussi, huit simulateurs (ATR, A320/330/340, B737/757/767) opérationnels 20h/24. Et les projets ne manquent pas. « Nous ouvrirons dès l’automne  prochain un centre  à Sharjah (Émirats arabes unis) et nous explorons des opportunités d’implantation en Asie et Amérique Latine », nous confie Ivan Bailly, directeur général de SIM.

En France, la société devrait accroître son partenariat avec l’Armée de l’Air pour qui elle assure, depuis 2008, la maintenance du simulateur Boeing KC135 (avions ravitailleurs). SIM est détenu à 80 % par ses deux co-fondateurs et le management. Les 20 % restants sont répartis entre plusieurs fonds d’investissements français. Son CA a atteint 12 M€ en 2012 et l’entreprise compte 50 salariés. Au total, SIM exploite vingt simulateurs et se hisse ainsi au troisième rang mondial des centres de formation indépendants, derrière Panam Flight Academy et Sim Com qui opèrent sur le marché américain soumis à une réglementation différente de la réglementation européenne. Depuis peu, SIM est certifiée pour la formation des PNC (Personnel Navigant Commercial), des mécaniciens et des personnels au sol. Souhaitons-lui un bon envol.


1 – ATR : constructeur franco-italien d’ATR (Avion de Transport Régional)
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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