Du bon Pain connecte les artisans boulangers

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DuBonPain connecte les artisans-boulangers et propose des buffets artisanaux à Paris et à Cergy-Pontoise.

Alors qu’il cherche une boulangerie dans un village du Sud de la France, Maxime Renault, étudiant natif du Val d’Oise, a le réflexe de sortir son smartphone… Sans résultats. Mais l’idée DuBonPain vient de germer dans la tête de ce jeune entrepreneur, 24 ans, en passe d’obtenir un double diplôme Centrale Paris-ESSEC. « J’ai commencé à réfléchir à la façon de mettre les nouvelles technologies au service de l’artisanat en général et de la boulangerie en particulier, raconte-t-il. J’ai compris que les artisans-boulangers avaient, face  à la concurrence industrielle, un déficit de visibilité et de communication auprès des consommateurs. Ils n’ont souvent ni les compétences ni les moyens de s’en occuper. DuBonPain peut les aider à réduire cette fracture numérique. »

Deux amis, Hugo, responsable du marketing, puis Mario, en charge du développement technique, le rejoignent dans le projet qui prend son envol à la rentrée 2013. Piloté à distance, au gré des séjours à l’étranger des uns et des autres, DuBonPain, d’abord conçu comme un guide communautaire des boulangeries artisanales, est ainsi récompensé au concours « 100 jours pour entreprendre » en avril 2014. L’application mobile DuBonPain, disponible sur Android, iPhone et sur Internet [www.dubonpain.fr]recense deux mille boulangers dans toute la France et propose aux utilisateurs de donner leur avis sur le pain qu’ils ont goûté.

Le trio persévère, même si Maxime Renault reconnaît aujourd’hui que « l’idée est arrivée un peu tôt par rapport au marché. Mais le sujet est devenu d’actualité en France depuis 6 mois. De plus en plus de boulangers communiquent sur Facebook, tandis qu’on voit fleurir plein de start-up qui essayent de connecter les commerçants locaux. »

Un temps d’avance que l’équipe DuBonPain a mis à profit pour affiner son modèle économique. Expérimentée depuis avril 2015, en partenariat avec une boulangerie parisienne, la plate-forme de commande et de paiement en ligne ne génère, pour le moment, qu’un faible volume de commandes. Néanmoins, dans le cadre de l’appel à projets « Connected Stores », initié par la Mairie de Paris, une nouvelle expérimentation, étendue à trois nouvelles boulangeries, va être lancée pendant plusieurs mois. « On est convaincu que, sous peu, il sera devenu normal de commander ses produits en ligne avant d’aller les chercher dans sa boulangerie, estime Maxime Renault. Aux États-Unis, c’est entré dans les mœurs. Pour les boulangers, cette plate-forme constitue également un bon moyen de s’organiser en centralisant les commandes qui, aujourd’hui, arrivent par téléphone, mail, Facebook voire (encore !) par fax. »

Et de vrais buffets de cocktails artisanaux

Seconde source de revenus, une offre de buffet artisanal, développée en collaboration avec un réseau d’une dizaine de boulangeries et qui se veut une alternative conviviale au traiteur traditionnel, a bénéficié d’« un très bon bouche-à-oreille » depuis son lancement, à Paris et à Cergy-Pontoise, il y a quelques semaines. « Les incubateurs et les espaces de coworking, qui accueillent beaucoup d’événements, constituent des cibles privilégiées, explique Maxime Renault. Notre valeur ajoutée tient dans la conception d’une offre sur-mesure en fonction de la manifestation que souhaite organiser le client. »

2016 sera probablement une année-clé pour la jeune pousse. Souhaitant lever des fonds auprès de business angels et de plates-formes d’investissement participatif, DuBonPain a pour objectif de « devenir le guide de référence de la boulangerie-pâtisserie artisanale sur Internet en France » et étendre son offre à d’autres villes.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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