De l’entrepôt aux data centers

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Marqué par les grands noms de la logistique, le Val d’Oise cherche maintenant à attirer les entrepôts du e-commerce et les data centers… avec les emplois du numérique à la clé.

Christian Eckert, sous l’oeil attentif des présidents Arnaud Bazin (Conseil départemental du Val D’oise) et Dominique Lefebvre, (Communauté d’Agglomération de Cergy-Pontoise).

Les entrepôts logistiques faisaient autrefois fuir les élus : trop de m² gaspillés pour trop peu d’emplois. Ce sont ces mêmes entrepôts qui aujourd’hui envahissent nos champs ou zones industrielles en friche pour organiser les livraisons du e-commerce : Amazon, Free¹, Showroomprivé et autres Oscaro.com². Ces nouveaux commerçants ont besoin de surfaces importantes pour préparer et expédier les colis commandés par Internet 24/24 et 7/7 et… faire aller et venir leurs camions. « Pas tout à fait les mêmes [entrepôts] ! rétorquent les spécialistes de l’immobilier logistique dont l’Américain Prologis qui arguent que ces entrepôts du e-commerce emploient en moyenne 100 personnes pour 10 000 m² contre 20 à 40 salariés pour un entrepôt de la grande distribution et sont beaucoup plus couteux et plus demandeurs de personnel. »

Entrepôts plus coûteux

En effet, la logistique du e-commerce est fondée sur la préparation de commandes et l’expédition de colis, plus gourmandes en main-d’œuvre. Plus de personnel signifie plus de sécurité, notamment en mezzanine, particularité des entrepôts du commerce en ligne, mais aussi plus de locaux administratifs, plus de places de parking et donc une emprise foncière plus importante pour une surface d’entrepôt donnée. D’autant plus que, autre particularité du e-commerce, les surfaces réservées à la circulation des camions autour de l’entrepôt doivent, elles aussi, être plus importantes que sur un site de la grande distribution. Le e-commerce nécessite en effet une logistique d’expédition de colis qui mobilise plus de capacité de transport sur le site au même moment. Dans la grande distribution, au contraire, le départ des camions est rythmé par les rendez-vous en magasin au fil de la journée. Autre particularité des entrepôts du commerce électronique, les systèmes informatiques, plus complexes, sont trois à quatre fois plus consommateurs de puissance électrique.

Investissements dans les data centers

C’est là qu’apparait petit à petit l’utilité des data centers ! Autre manne immobilière pour les élus, qui voient des investisseurs chercher des usines désaffectées ou autres sites en friche pour y installer leurs « centres de traitements des flux numériques qui assurent la mise à disposition permanente des données et des applications (pour leurs clients, fournisseurs et prospects et/ou références) de l’entreprise ou des collectivités » selon la définition du grand spécialiste, Schneider Electric.
« Les grands fournisseurs d’hébergement pour data center, comme Télécity, GlobalSwitch, Equinix ou Telehouse, s’intéressent à des territoires un peu plus éloignés de Paris, là où les m² sont plus abordables. Justement, le Val d’Oise fait partie des territoires attractifs » rappelait déjà Philippe Diez, vice-président France de l’activité « Centres de données et réseaux » de Schneider Electric dans le n°27 de La Lettre de l’Entreprise. Il ne s’est pas trompé…
La construction du data center de Champagne-sur-Oise va bientôt démarrer puisque le Conseil départemental du Val d’Oise vient de lancer l’étude de faisabilité. Construit sur le terrain d’une ancienne centrale EDF, ce centre de stockage de données pourrait mesurer plus de 6 000 m² et coûter plus de 13,5 millions d’euros au département. Il pourrait héberger les données d’une vingtaine de collectivités ainsi que celles de l’hôpital de Gonesse ou de l’université de Cergy-Pontoise. Le projet pourrait voir le jour en 2018.

11,2 millions investis dans le data center d’Osny

En attendant… Inauguré le 10 mai par Christian Eckert, secrétaire d’Etat chargé du budget, le data center d’Osny qu’on appelait jusque là « Le centre informatique douanier (CID) » peut se vanter de posséder l’un des sites informatiques les plus performants de l’administration française. Son vaste plan de modernisation a permis de doubler la superficie qui passe de 400 à 800 m² et accueille 176 salariés. Le CID offre désormais de nouvelles solutions d’hébergements informatiques aux douanes et à plusieurs autres administrations. Dans le cadre de la politique de mutualisation, le CID accueille les serveurs du ministère de la Justice, de la Culture et de plusieurs directions de Bercy.
Le Val d’Oise n’est pas insensible au développement du secteur numérique… entrepôt ou pas ! Du moment qu’il est créateur d’emplois.


1- Free-(ILIAD) investit 150 millions à Saint-Ouen-l’Aumône en vue de créer 500 emplois d’ici 2018.
2- Cf article pages 10-11.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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