Dassault avance ses pions dans les drones militaires

0

Dassault Aviation fait partie des entreprises pilotes dans plusieurs programmes européens de drones militaires, un dossier stratégique dans lequel l’Europe a pris du retard.

En assurant la maîtrise d’œuvre du programme européen nEUROn, un démonstrateur de drone de combat furtif qui a effectué son 100ᵉ vol en février dernier, Dassault Aviation a montré sa suprématie sur ce type de drones militaires en Europe. L’avionneur français va travailler avec le britannique BAE Systems, qui avait jusque-là choisi de faire cavalier seul en développant Taranis, son propre démonstrateur. Le programme FCAS (Système de Combat Aérien du Futur, en français), lancé en novembre 2014, vise l’entrée en service d’un drone de combat à l’horizon 2030. L’enjeu est stratégique pour les Européens qui ont pris du retard sur les états-Unis où le Northrop Grumman X-47B peut déjà être catapulté depuis un porte-avions, apponter ou encore être ravitaillé en vol, tandis que la Chine et son mystérieux Lijian sont également dans la course.
L’Europe accuse un retard encore plus flagrant dans le domaine des drones de renseignement MALE (Moyenne Altitude – Longue Endurance) où, faute de coopération efficace depuis de longues années, les gouvernements européens en sont réduits à acheter des produits américains ou israéliens. Paris, Berlin et Rome ont fini par annoncer, le 18 mai, le lancement d’études, par Dassault Aviation, Airbus Defence and Space et Alenia Aermacchi (filiale de Finmeccanica), pour la fabrication d’un drone de ce type entre 2020 et 2025. Dans ce dossier, Dassault Aviation met en avant le renforcement de la souveraineté de l’Europe. Interrogé sur l’opportunité économique de tels drones, le constructeur aéronautique préfère répondre : « La vraie question est : un tel système de renseignement, voire d’attaque, est-il stratégique pour l’Europe, y compris pour la maîtrise des technologies clés (systèmes de communication, d’observation, de commandement…) ? Souhaite-t-on développer des compétences technologiques, et donc de l’emploi à haute valeur ajoutée, en Europe ? Ou doit-on acheter américain avec les faibles crédits dont nous disposons ? »

Partager.

Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

Poster un commentaire