Dans le nouveau QG des Experts

0

Le Pôle Judiciaire de la Gendarmerie Nationale (PJGN) prend ses quartiers à Pontoise. L’installation dans le quartier Lange, dans des locaux conçus sur mesure, marque un tournant dans l’histoire de ce service à la pointe de la criminalistique et de l’intelligence judiciaire. Avant l’inauguration officielle de juin, La Lettre de L’Entreprise a pu faire le tour du propriétaire en compagnie du patron du PJGN.

Jacques Hébrard, général de division du Pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale

Jacques Hébrard, général de division du Pôle judiciaire de la Gendarmerie Nationale

Une page est en train de se tourner au PJGN. En juin, lorsque le déménagement du service sera achevé, c’en sera fini de Rosny-sous-Bois, de son fort du XIXe siècle, de ses bâtiments de garnison reconvertis en laboratoires et de ses préfabriqués installés au milieu de la cour. C’est à Pontoise, quartier Lange, dans un site de 5,7 ha et dans 20 000 m² de bureaux neufs, conçus et aménagés pour répondre à leurs besoins, que s’écrit désormais l’avenir des “Experts de la Gendarmerie”. Ils y retrouvent leur laboratoire d’analyses génétiques, déjà transféré dans ce même site en 2003.« Rosny, c’était du temporaire qui s’était installé dans la durée, rappelle le général de division Jacques Hébrard, le grand patron du PJGN. Suite à l’affaire Grégory [qui débute en 1984, ndlr], on y avait, tant bien que mal, progressivement empilé des briques de police technique et scientifique. À Pontoise, les conditions de travail sont bien meilleures. Depuis le lancement du projet en 2003, chaque département du PJGN a été associé à la conception de ses locaux et l’architecte a du concilier les exigences techniques des utilisateurs. Aujourd’hui, on se retrouve dans des bâtiments, assez proches d’une structure hospitalière, qui correspondent à nos attentes. »

Pontoise : vue du chantier des nouveaux locaux

Pontoise : vue du chantier des nouveaux locaux

Précâblé et conçu pour évoluer

Le site s’organise autour de quatre bâtiments principaux reliés par des passerelles. L’un est réservé au Service Central du Renseignement Criminel (SCRC), l’ex-STRJD, qui a pour mission de centraliser, traiter et valoriser toute l’information judiciaire de la Gendarmerie. Les trois autres sont dévolus à l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN), qui regroupe les fameux experts techniques et scientifiques capables d’analyser les éléments d’enquête. « À chaque plot correspond une entité, à savoir l’identification humaine (tout ce qui est relatif aux empreintes biologiques), la physique-chimie (toxicologie, balistique…) et l’ingénierie numérique (informatique, électronique, signal image-parole…), poursuit le général Hébrard.Chaque plot, avec ses labos au milieu et ses bureaux en périphérie, est précâblé – en différents types de gaz pour l’un d’entre eux par exemple – pour évoluer selon les besoins futurs. Comparé au site de Rosny, nous disposons aussi désormais d’une plate-forme d’autopsie, d’un tunnel tir de 35 mètres, d’un véritable atelier d’analyse automobile ou encore, au SCRC, d’un centre d’instruction et de formation avec des salles de travaux pratiques. » Planifié depuis 18 mois par la Gendarmerie elle-même, en lien avec des prestataires spécialisés et des sociétés de maintenance, le déménagement de Rosny à Pontoise est tout sauf « une aventure non préparée ». Etalé sur près de quatre mois, il doit s’achever en juin.

Salle de conférence

Salle de conférence

Les officiers à l’université de Cergy-Pontoise

Ce déménagement dans le Nord-Ouest de l’Île-de-France implique aussi la création de nouveaux liens avec un nouveau territoire. « On a la volonté de bâtir un véritable partenariat avec l’université de Cergy-Pontoise, affirme ainsi le général Hébrard. On souhaite envoyer nos officiers en formation à l’université et, en retour, accueillir des doctorants pour des stages au PJGN. » L’intégration des gendarmes et de leurs familles est un autre aspect important que ne néglige pas l’état-major. 360 appartements, qui doivent être livrés à compter du 4 mai, leur sont ainsi réservés dans le quartier Bossut, mitoyen du quartier Lange. « De Rosny à Pontoise, nous passons d’une caserne à un milieu ouvert, à l’image de ce qui existe déjà à Satory,explique le patron du PJGN. Même s’il y a un changement d’approche, cela ne soulève pas d’inquiétude chez nous. » Sans cacher que l’architecture recueille « des avis partagés », ce dernier tient à souligner « le véritable accompagnement de la ville de Pontoise et les efforts des services de l’Etat (écoles et académie) pour la scolarisation des enfants des gendarmes. »

logo-nmp-et-ubiznews

Partager.

Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

Poster un commentaire