Consolis – Bonna Sabla se lance à la conquête du Grand Paris

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Le groupe de génie civil Consolis développe, avec sa filiale Bonna Sabla, des partenariats stratégiques avec les grands acteurs du BTP pour faire de son site de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) sa rampe de lancement vers les futurs marchés du Grand Paris. Le Val d’Oise, oublié du Grand Paris pourrait être ame-né à jouer le rôle de base arrière logistique pour les grands travaux à venir.

Deux nouvelles unités de production ont été construites sur le site de Conflans-Sainte-Honorine

Deux nouvelles unités de production ont été construites sur le site de Conflans-Sainte-Honorine

C’est un « mecano » complexe et subtil, mais prometteur, que tente de mettre en place le groupe franco-suédois Consolis (10 000 collaborateurs et 1,3 milliard d’euros de CA en 2014), spécialisé dans le béton, qui intervient dans la construction, les travaux publics et les infrastructures ferroviaires. Consolis, qui a participé récemment à la construction du MuCEM à Marseille ou du très remarqué centre commercial Emporia à Malmö (Suède), a en effet investi à Conflans-Sainte-Honorine où sa filiale Bonna Sabla (1 600 collaborateurs et 245 millions d’euros de CA en 2014), longtemps détenue par feu La Compagnie Générale des Eaux, associée notamment à la construction d’Orlyval, d’Eole (RER E), du métro du Caire ou encore du cyclotron du CERN (Suisse), possède un vaste site de 20 hectares.

Deux nouvelles unités de production

Deux nouvelles centrales à béton, installées sur un site ouvert en 1894, viennent d’être assemblées ces derniers mois. Ces deux unités vont produire des voussoirs, des arcs en béton qui, une fois assemblés, feront les voutes du nouveau tunnel qui prolonge la ligne 14 du métro parisien (tronçon Gare Saint-Lazare-Mairie de Saint-Ouen). Premier grand chantier du Grand Paris, ce prolongement a fait l’objet de plusieurs appels d’offres. Pour le premier lot, Consolis –  Bonna Sabla a monté un partenariat avec plusieurs entreprises dont Eiffage. Lancée en avril, cette première unité de production a été suivie par une seconde, opérationnelle depuis juin, qui s’articule autour d’un autre géant du BTP, Bouygues. Pour le seul prolongement de la ligne 14, ces deux unités ont un plan de charge qui court jusqu’au deuxième semestre 2016.

58 nouveaux emplois

Avec la relance de l’activité voussoirs à Conflans, le groupe Consolis fait le pari que ce site peut être sa plate-forme pour les grands chantiers annoncés dans le cadre du Grand Paris. « Les voussoirs sont notre porte d’entrée du Grand Paris, explique Farida Maibeche-Caperon, directeur Travaux Publics Europe du groupe. Mais les solutions industrielles en béton peuvent aussi répondre à d’autres besoins… qui se profilent avec la promesse de 70 000 nouveaux logements par an et des infrastructures qui en découlent (transports en commun, routes, gares…) »

L’investissement consenti pour la construction de ces deux nouvelles unités de production doit susciter, à terme, la création de 58 nouveaux emplois (150 000 heures de travail). « Une soixantaine de personnes travaillent sur le site, précise Mme Maibeche-Caperon. Ce sont des agents de fabrication et des caristes, mais aussi des cadres (encadrement de production, responsable qualité et sécurité, maintenance). »

Le groupe de génie civil, établi à La Défense (Hauts-de-Seine), mise notamment sur son emplacement géographique particulièrement intéressant. Aux portes de Paris, disposant d’une capacité de stockage importante, le site de Bonna Sabla bénéficie d’un accès multimodal (routier, fluvial et même ferroviaire après travaux de rénovation). Si le transport par route reste privilégié – 12 000 voyages camions sont prévus pour le prolongement de la ligne 14 -, une réflexion, plus globale dans le cadre des travaux du Grand Paris, sur les transports doux reste dans les esprits.« L’approvisionnement en matières premières est une problématique générale du Grand Paris, précise Farida Maibeche-Caperon. Tandis que les flux de sortie d’usine, pour approvisionner les chantiers, représentent toujours, malgré la faible distance avec la capitale, une complexité logistique afin de réduire les nuisances en termes de circulation, de pollution et de bruit. » Si, avec la saturation du nœud ferroviaire de Saint-Lazare, le transport par rail semble une option peu probable, celui par la Seine paraît plus plausible économiquement.

En élargissant le cadre, la relance du site de Bonna Sabla est un atout important pour le développement de la zone d’activités portuaires d’Achères, point de connexion entre Seine et Oise, qui permettrait de désenclaver le bassin économique du Val d’Oise. En effet, pour les voisins valdoisiens, cette zone Achères-Conflans représente bien une porte d’entrée intéressante vers le Grand Paris. Si le Val d’Oise est bien l’oublié du Grand Paris en terme d’infrastructures, les entreprises du département pourraient, en revanche, bénéficier de leur présence dans un territoire qui pourrait être amené à jouer le rôle de base arrière logistique pour les grands travaux à venir.

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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