Cluster Sécurité : une expérimentation unique

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Faire travailler ensemble les entreprises d’une filière pour répondre à des besoins exprimés par leurs structures publiques ou privées est l’objectif ambitieux du cluster sécurité « Security Sytems Valley », modèle de projet collaboratif en un partenariat région- département-entreprises-institutions.

Il y a quatre ans, le CEEVO a identifié la filière sécurité-sûreté comme filière à fort potentiel dans le Val d’Oise, et a engagé une démarche territoriale : Global Security Initiatives (GSI), en lien avec l’Association du Pays de Roissy CDG. « Accompagnés d’un expert en sécurité globale, nous avons lancé de nombreuses initiatives, parmi lesquelles un forum d’affaires au Bourget et à Roissy, explique Jean-François Benon, et lancé des études, organisé des groupes de travail et des actions de sensibilisation… »

« L’objectif majeur du cluster se définissait ainsi : anticiper, protéger et garantir la continuité des opérations et des activités, quoiqu’il advienne demain dans le territoire du Val-d’Oise et du Grand Roissy, dans une économie digitalisée et dématérialisée, à valeur d’exemple pour l’échelon régional, voire national. »

Les équipes du CEEVO ont poursuivi leur travail avec la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, la CCI et d’autres acteurs de l’État et entreprises du département pour faire émerger ce cluster, jusqu’à l’arrivée dans la gestion du territoire de la nouvelle équipe du Conseil régional avec Jérôme Chartier¹, premier vice-président et Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France.

« On leur a exposé notre démarche et notre souhait d’aller plus loin, explique Jean- François Benon. Jérôme Chartier a tout de suite adhéré au concept, considérant que la sécurité est une voie importante de la stratégie régionale. Il a accéléré la création juridique, le 2 novembre 2016, du cluster dénommé « Security Systems Valley », avec un financement de la région Île-de-France. »

Cluster, pas pôle de compétitivité
Contrairement aux précédents pôles de compétitivité, qui dépendent essentiellement du know-how des grands acteurs industriels, le Cluster Sécurité part des besoins des utilisateurs, dont on étudie d’abord les attentes à la loupe, avant de se tourner vers les grandes ou petites entreprises de la filière susceptibles de répondre à leurs demandes.

Le Cluster a été lancé avec des démonstrateurs, qui ne dépendent pas exclusivement des grands équipementiers et fabricants de technologie. Il est tourné vers la sécurité globale, qui part des utilisateurs, chargés d’animer une filière, de faire travailler des entreprises et de faire monter en puissance toute la filière sur le plan technologique. Le président du cluster est Stéphane Volant, secrétaire général de la SNCF.

Pourquoi la SNCF ? Parce que c’est une grande utilisatrice, pas un fabricant. La tendance est de laisser le pouvoir aux utilisateurs et non aux fabricants qui pourraient choisir d’adapter des solutions qu’ils ont déjà « en magasin ».

En l’occurrence le cluster demande à des utilisateurs publics ou privés comme la SNCF, ADP, BNP, Paribas, Manutan qui ont besoin de solutions de sécurité, d’établir un cahier des charges qui sera communiqué à des industriels, comme Thales ou Safran, mais aussi aux PME ou startup… qui pourront soumissionner. Et faire ainsi émerger des réponses qui, pour les grands comptes, ne seront pas seulement « sur catalogue », mais conçues pour les utilisateurs, avec une information partagée. On peut ainsi imaginer qu’un Thales pourrait, par exemple, chercher pour la SNCF, l’appareil adéquat aux problèmes d’accès dans les gares.

Une expérimentation valdoisienne unique
Dans ce cadre, le Val d’Oise lance plusieurs tests avec des partenaires du territoire. Le cluster teste un bracelet électronique pour lutter contre la récidive en matière de violence conjugale, en signalant tout rapprochement interdit entre les conjoints et en alertant les autorités.

Dans les villes nouvelles, pompiers, gendarmes, police ou secours sont souvent dans l’impossibilité d’accéder avec leurs véhicules à certaines dalles, construites à diverses hauteurs, et qui ne sont pas référencées sur les plans. Un démonstrateur imagine avec un grand compte la numérisation et cartographie en 4D de tous les niveaux des dalles qui n’apparaissent pas sur les plans.

Au centre commercial des 3 Fontaines (cf. ITV Karl Tailleux, les 3 Fontaines : Hammerson prend la main), on cherche avec Hammerson de nouvelles applications pour améliorer encore la sécurité des clients.

Et une PME du Val d’Oise concourt à la conception de systèmes électroniques qui coupent l’eau à distance quand de mauvais plaisants s’amusent, nouvelle mode « from NY », à vider les bouches à incendie dans les rues lors des canicules. Ce qui met les citoyens en danger !

La sécurité est en marche dans le Val d’Oise.

Cluster sécurité : comment ça marche ?

Le cluster régional Security Systems Valley fait de la « sécurité globale » un des piliers stratégiques du développement économique et de l’attractivité du territoire. Sa présidence est assurée par Stéphane Volant, secrétaire général de la SNCF.

Le cluster mobilise de nombreux utilisateurs : représentants de l’Etat, industriels, acteurs économiques, collectivités… Ensemble, ils bénéficient à partir du Val d’Oise d’un véritable lieu d’expérimentations pour y développer des cas d’usage.

L’expression de leurs besoins est transposée en cahier des charges, avant le lancement d’appels à projets qui mobiliseront startups et PME ».

Ce cluster, premier du genre en France, s’inscrit dans une approche globale de la maîtrise des risques, en décloisonnant les disciplines : sécurité informatique, sûreté, sécurité physique, numérique… et en intégrant les facteurs humains et juridiques.

  • Rapprocher utilisateurs, entreprises, opérateurs et institutions pour définir les exigences et développer des systèmes de sécurité innovants,
  • Intégrer la sécurité dans les développements liés à la transformation numérique (objets connectés),
  • Renforcer la filière industrielle en s’appuyant notamment sur les PME,
  • Garantir l’accès aux compétences,
  • Sensibiliser par l’image et par les outils du numérique,
  • Mobiliser les financements publics sur des priorités identifiées.

 

cluster sécuritéContrôle d’accès par empreinte digitale

1- Et maire adjoint de Domont (95).

Elizabeth Skerla
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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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