Chaque chose à sa place

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RE-construire, REnover, REmplacer, REdimensionner, REfonder la cohésion sociale… Tout l’été, les journaux n’ont fait que parler de « Re » quelque chose et de développement durable… De requalification, de transformation de la planète… Et de nos modes de vie. Et l’on ne compte plus les entreprises qui cherchent par tous moyens à intégrer cette fameuse {raison d’être} que la loi Pacte (promulguée en mai dernier) a imposé dans ses textes en modifiant l’objet social de chaque entreprise qui n’est plus uniquement censée faire du profit mais également présenter un intérêt social, en général, mais aussi pour ses salariés, actionnaires et fournisseurs.

Raison d’être ? Où ça ? 

L’été a malheureusement été aussi marqué par le macabre record du centième féminicide commis par un conjoint qui démontre, hélas, que décidément, notre société n’est pas encore au point avec sa raison d’être.

Tout comme la grève des urgentistes qui, au-delà de revendiquer une réorganisation nécessaire des pouvoirs dans l’hôpital, avouent être confrontés à une incivilité hors normes. Cette rentrée sonne donc plus que jamais le moment de reconstruire notre société… mais nous concernant, l’heure de réorganiser nos entreprises afin de les mettre au diapason avec cette raison d’être tant attendue par nos concitoyens.

Les patrons en réflexion 

Fin août et début septembre, 2 forums ont mobilisé les chefs d’entreprises : comme chaque année, le Medef new-look a rassemblé les patrons de la France, à l’hippodrome de Longchamp plutôt qu’a Jouy-en-Josas, et c’est à Giverny qu’une partie de l’élite de nos grands comptes, ETI , O.N.G. et 4 ministres, s’est penchée sur cette RSE (Responsabilité sociétale et environnementale) qui désormais doit faire partie intégrante, à tous les étages, des rouages et du fonctionnement de chaque entreprise, aussi petite soit-t-elle.

La lettre de l’Entreprise a choisi de vous livrer la synthèse du forum de Giverny qui illustre l’air du temps … même si… les propos entendus dans ce jardin historique de rêve, prononcés par des institutionnels et des patrons de grands groupes, semblent encore bien éloignés du terrain.

Le combat des ETI

Peut-être comprendrez-vous mieux les difficultés des entreprises françaises en lisant le récit du parcours chaotique qu’a dû affronter le groupe Alès pour sauver sa marque et –pour le moment– l’emploi de ses salariés. C’est en effet le plus souvent nos ETI françaises (ou ex-ETi qui ont grandi), telles les remarquables réussites de Clarins, Sisley, Le groupe Rocher, mais aussi CEMOI, et récemment la reprise de la CAMIF par un jeune cadre, qui apportent les réponses à nos questions.

Et surtout les clés pour comprendre que… loin des bonnes intentions et des grands principes, c’est dans l’action et dans la volonté des dirigeants que l’on retrouvera le plus souvent l’application de cette fameuse RSE et l’incarnation de la raison d’être… Dans l’esprit d’entreprise et le sentiment d’appartenance à un groupe qui manquent, disons-le clairement, à certaines start-up qui, de plus en plus souvent, ne sont créées que pour être revendues… Comment s’investir dans une entreprise déshumanisée qui n’a de valeur que boursière ?

Les DRH sacrifiés 

Si la RSE peut concourir à revenir aux fondamentaux, pourquoi pas ? Mais attention de ne pas l’utiliser pour masquer un management obsédé par la digitalisation et la rentabilité à court terme. Car c’est aussi ce que pratiquent certaines ETI qui ont perdu leurs fondateurs et par là-même leur âme et leur raison d’être.

L’ère du numérique fait des ravages : elle a quasi effacé le rôle des DRH, régulateurs indispensables, pris en sandwich entre le diktat du digital et de sa rentabilité et la RSE.

Alors, tout comme notre planète terre que l’on tente de sauver… en mangeant bio, dans le monde de l’entreprise, pensons déjà à remettre chaque chose à sa place, à commencer par la raison d’être !

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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