Apocalypse now

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« Quand le Sage montre la Lune, l’imbécile regarde le doigt ! »

Ce proverbe chinois, plein de bon sens, montre bien nos contradictions…

L’année 2015 restera probablement dans l’histoire comme étant la charnière entre deux périodes noires.

Cette année que nous quittons est sûrement celle des démissions et des doutes. Voici fini le temps des hommes historiques qui construisaient lentement leur renommée et leur pouvoir auquel ils s’accrochaient, appuyés par leur passé et les groupes de pression qu’ils choyaient et qui en croquaient.

Finie l’époque où l’on pouvait, à l’instar du dragon Fafner, dire au fougueux Siegfried qui le provoquait en duel « je suis là, je possède, laissez-moi dormir »1. Il mourra néanmoins, vaincu par la main d’un homme qui ne connaît pas la peur, Sigfried, annonciateur du Crépuscule des Dieux et d’un nouvel ordre du monde.

Incontestablement, Richard Wagner a été visionnaire en écrivant la Tétralogie. Au commencement il y avait les dieux qui vivaient dans une douce opulence. Pour que Wotan courre un peu moins la gueuse, sa femme Frika lui fait construire un château. Ils n’ont pas d’argent pour payer les géants bâtisseurs qui recevront comme rémunération l’Or du Rhin chargé de malédictions. De fait, l’un des géants, Fafner, assassinera son frère et se réfugiera dans une grotte avec son trésor, jusqu’au moment où un jeune homme qui ne connaît pas la peur viendra le provoquer en duel. Là s’enclenche le début de la fin, le monde d’hier se désintègrera, un monde nouveau apparaitra.

Je demande aux puristes de pardonner ce résumé succinct de quatre opéras et de seize heures de musique, composés en 1876.

J’observe que l’on pourrait y décalquer notre environnement.

L’absence de valeurs et d’objectifs à atteindre, les mauvais conseils prodigués pour se procurer « le nerf de la guerre », les sirènes de la félicité, la guerre des chefs… il ne reste plus qu’à attendre l’anéantissement… ce qui ne saurait tarder si l’on n’y prend garde.

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