Aéroportuaire : 1 000 emplois par an

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Le constat n’est pas nouveau : alors que la plate-forme aéroportuaire de Roissy-CDG continue de créer des emplois (environ 1 000 emplois directs par an), le taux de chômage des communes voisines (zone du Grand Roissy) y est supérieur de 4 points à la moyenne francilienne et peut atteindre 40 % chez les 18-24 ans dans certains quartiers populaires. Pour endiguer ce phénomène, une caravane des métiers, lancée à l’initiative d’ADP, FedEx et World Flight Services, a sillonné ces communes pendant trois jours. Leurs responsables ont répondu à nos questions.

Chargement fret d'un avion Air France Cargo

Chargement fret d’un avion Air France Cargo

Patrick Dugard, délégué général de Planèt’AIRport, une association lancée en 1996 à l’initiative d’Aéroports de Paris (ADP) propose une offre de services en faveur de l’emploi.

La lettre de l’Entreprise : Quel est le rôle de cette caravane dans la problématique du chômage autour de l’aéroport ?
P. Dugard : « L’objectif de la caravane des métiers est de présenter, au plus près des quartiers en difficulté, les métiers aéroportuaires et les formations existantes pour y accéder. En 2015, à l’occasion de la seconde édition, la caravane avait permis, dans les trois mois suivants, à 250 jeunes d’intégrer une formation. Chez Planèt’AIRport, nos formations, en interne ou en collaboration avec des partenaires extérieurs, sont rémunérées jusqu’à 4 mois et garantissent un CDD de 6 mois minimum à la sortie. Notre taux de placement atteint aujourd’hui 70 %. »

La lettre de l’Entreprise : Quel discours tenez-vous aux jeunes de ces quartiers pour les attirer vers les métiers aéroportuaires ?
P. Dugard : « Il faut d’abord souligner que le transport aérien est un secteur en croissance (avec un trafic passagers dans les aéroports parisiens en hausse de 3 % en 2015) : peu de secteurs sont dans ce cas. Il faut ensuite présenter la grande diversité des métiers aéroportuaires : entre les pistes et les aérogares, cela représente 14 filières de métiers différentes. En ce moment, ADP recrute massivement des agents d’accueil, tandis que l’hôtellerie, la restauration et la sûreté sont toujours des métiers en tension. Nous n’omettons cependant pas les contraintes liées à ces professions : le travail en horaires décalés et la condition physique requise sur les pistes, où la température peut atteindre -10°C en hiver. »

La lettre de l’Entreprise : Quelles contraintes pèsent sur l’accès aux emplois aéroportuaires pour cette population ?
P. Dugard : « Les problèmes de mobilité, de logement ou de formation sont autant de freins à l’embauche auxquels Planèt’AIRport tente d’apporter des réponses. L’accès des riverains aux aéroports, en particulier, est un problème majeur, notamment pour les travailleurs en horaires décalés. L’infrastructure de transport est insuffisante – les grands projets à venir ne tiennent d’ailleurs pas compte de cette insuffisance – et le transport à la demande reste un dispositif coûteux, même si l’association Papa Charlie, qui propose la location d’un véhicule à coût modéré pendant quelques mois, offre des solutions à certains. » Julien Ducoup, directeur général du hub de Roissy CDG de FedEx Express.

La lettre de l’Entreprise : Pourquoi FedEx participe-t-elle à cette caravane des métiers ?
J. Ducoup : « Cette caravane permet d’abord de présenter la diversité de nos métiers. Parmi les 2 500 personnes qui travaillent au hub FedEx de Roissy, on trouve des agents de tri, des agents de pistes responsables du chargement, du déchargement ou de l’équilibrage des avions, environ 80 mécaniciens, mais également un service douanier, un service commercial, un call center… autant de métiers que le public ignore généralement. Cette caravane démontre ensuite notre engagement à favoriser l’emploi au niveau local. Depuis son ouverture en 1999, le hub de Roissy a créé 1 500 postes dans les départements de la Seine-Saint-Denis, du Val d’Oise, de la Seine-et-Marne et de l’Oise. 111 recrutements ont par ailleurs été effectués en 2015. »
La lettre de l’Entreprise : Qu’exigez-vous des candidats qui souhaitent intégrer votre hub de Roissy ?
J. Ducoup : « Pour les métiers opérationnels, nous cherchons avant tout des candidats motivés, qui ont envie de s’impliquer. Nous assurons nous-mêmes leur formation après embauche. Plus généralement, la politique de FedEx est d’investir sur ses collaborateurs et de proposer un large dispositif de formation interne : programme de formation métiers, outils de développement personnel, bourses d’études pour développer un talent personnel… autant d’éléments qui favorisent la mobilité et la promotion interne dans l’entreprise. La preuve : 80 % de notre encadrement à Roissy vient du terrain et le turn-over y est faible (4 %). »

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Auteur

D’abord journaliste dans la presse écrite et radio (France-Inter, Le Point, Le Nouvel Économiste), Béatrice Monomakhoff a ensuite exercé, pendant 10 ans, les postes de responsable communication, successivement chez Yves Rocher, Alcatel et L’Oréal, puis fondé, en 1999, Hors-série.com/, une agence de communication, BtoB avec plusieurs associés dont Jacques Barraux, (ex Les Echos) et Didier Adès ( ex France Inter). C’est en 2007 qu’elle crée La Lettre de L’Entreprise. Elle est rédactrice en chef de ce magazine économique trimestriel diffusé à 3 000 exemplaires dans le Nord-Ouest de l’Île de France édité par l’agence Hors-série.com/ gérée par Isabelle Jariod.

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